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Gestation pour autrui : une morbidité maternelle sévère accrue, sans retentissement néonatal

Analyse rédigée2024ESHRE 2024Canada

IVANOVA, RAY J., SHELLENBERGER J., PUDWELL J., M, VELEZ P. — Queen’s University Department of Obstetrics and Gynaecology Kingston Canada

Ce qu'il faut retenir

Sur 937 938 naissances, les femmes portant l'enfant d'autrui présentent un risque accru de morbidité maternelle sévère et d'issues défavorables de grossesse, sans que la morbidité néonatale soit augmentée.

En clair. Porter l'enfant d'autrui expose la femme à plus de complications, alors que le nouveau-né ne semble pas plus à risque.

Contexte

La gestation pour autrui est interdite en France mais concerne des couples français qui y recourent à l'étranger, et le débat porte presque exclusivement sur l'éthique et la filiation. La question médicale — que risque la femme qui porte — est rarement documentée à grande échelle.

Ce qui a été fait

Étude de cohorte rétrospective en population portant sur 937 938 naissances, construite à partir de bases administratives de santé de l'Ontario, avec chaînage entre les identifiants de la femme et de l'enfant. Les gestatrices ont été comparées aux femmes ayant conçu sans assistance et à celles ayant eu recours à la FIV. Les situations d'infertilité non traitée et d'induction simple de l'ovulation étaient exclues.

Résultats

Les gestatrices présentent un risque accru de morbidité maternelle sévère et d'issues défavorables de grossesse, comparativement aux deux groupes de référence. En revanche, aucune augmentation de la morbidité néonatale n'est mise en évidence.

Limites

Étude sur données administratives, sans information sur les conditions de la prise en charge ni sur la sélection médicale des gestatrices. Le contexte canadien, où la pratique est encadrée et non rémunérée, ne se transpose pas aux pays où elle est commerciale.

Portée pratique

L'information manquait au débat, et elle est asymétrique : c'est la femme qui porte qui prend le risque, et l'enfant qui va bien. Dans un pays comme la France, où les couples partent à l'étranger sans suivi médical organisé au retour, ce résultat plaide au minimum pour une information claire et un suivi obstétrical renforcé.

Analyse rédigée par Les JTA à partir du résumé présenté à ESHRE 2024 (O-091). Le résumé original reste la propriété de ses auteurs.

Accéder au document source

Résumé n° O-091 du livret officiel du congrès, en accès libre : Human Reproduction, vol. 39, suppl. 1, 2024 (PDF, 40e réunion annuelle de l'ESHRE, Amsterdam, 7-10 juillet 2024). Le texte intégral est en anglais et reste la propriété de l'ESHRE et de ses auteurs.

Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.

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