Don d'ovocytes dans le syndrome de Turner : naissances et volume utérin
Ce qu'il faut retenir
Chez 97 femmes en insuffisance ovarienne prématurée, le taux de naissance par transfert est comparable entre syndrome de Turner et autres causes, 29 % contre 27 %. Mais les femmes atteintes du syndrome de Turner réussissent beaucoup plus rarement dès le premier transfert.
En clair. Dans le syndrome de Turner, le don d'ovocytes marche aussi bien qu’ailleurs, mais il faut souvent plusieurs tentatives.
Contexte
Le syndrome de Turner entraîne une insuffisance ovarienne quasi constante, et le don d'ovocytes est la seule voie vers la grossesse. Mais l'utérus de ces patientes est souvent plus petit, et la grossesse comporte un risque cardiovasculaire propre. On ignorait si leurs chances diffèrent de celles des autres femmes en insuffisance ovarienne.
Ce qui a été fait
Étude de cohorte rétrospective dans un centre universitaire, portant sur 97 femmes en insuffisance ovarienne prématurée ayant eu une FIV avec don d'ovocytes entre 2007 et 2023 : 30 atteintes du syndrome de Turner et 67 d'insuffisance ovarienne d'autre origine, pour 245 transferts au total. Toutes ont été préparées en cycle artificiel. Le volume utérin était mesuré par échographie avant le premier transfert.
Résultats
Le taux de naissance par transfert est comparable : 29 % contre 27 %. Mais la probabilité de réussir dès le premier transfert est nettement plus faible dans le syndrome de Turner, avec un odds ratio ajusté de 0,09. Les auteurs examinent également les liens entre volume utérin, durée du traitement hormonal substitutif et issues obstétricales.
Limites
Trente patientes seulement dans le groupe Turner, et étude rétrospective monocentrique sur seize ans, période pendant laquelle les pratiques ont évolué. Tous les transferts ont été faits en cycle artificiel, ce qui ne permet pas de comparer les protocoles.
Portée pratique
Le message est encourageant mais suppose de la patience : à terme, les chances sont les mêmes, mais il faut souvent plusieurs transferts. Cela change le conseil donné à une jeune femme atteinte du syndrome de Turner, à qui l'on doit expliquer qu’un premier échec n'annonce rien. La question du traitement hormonal préalable et de son effet sur le développement utérin mérite d'être posée tôt, dès l'adolescence.
Titre original : Live birth after oocyte donation in women with Turner syndrome compared with other causes of premature ovarian insufficiency : a retrospective cohort study
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Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.