Don d'ovocytes à l'étranger : ce que rapportent des receveuses australiennes parties en Afrique du Sud
Ce qu'il faut retenir
Douze receveuses australiennes parties en Afrique du Sud témoignent : dix ont eu au moins un transfert de deux embryons, un tiers des grossesses étaient gémellaires, et leurs enfants n'auront jamais accès à l'identité du donneur, contrairement à ceux conçus dans leur pays.
En clair. Partir à l'étranger pour un don d'ovocytes a deux conséquences dont personne ne parle : plus de jumeaux, et un enfant qui ne pourra jamais connaître son donneur.
Contexte
L'Afrique du Sud est devenue un pôle du don d'ovocytes, avec des tarifs abordables, des délais courts et des donneuses disponibles. Les Australiennes s'y rendent faute de donneuses chez elles, mais les deux pays ont des règles opposées : en Australie, le don est altruiste et l'identité du donneur accessible à l'enfant ; en Afrique du Sud, il est anonyme et compensé forfaitairement. La question posée est celle des conséquences concrètes de ce passage d'un cadre à l'autre.
Ce qui a été fait
Étude qualitative par entretiens semi-directifs auprès de douze receveuses australiennes ayant eu au moins une naissance après un don d'ovocytes en Afrique du Sud entre 2012 et 2020. Les entretiens ont été transcrits puis analysés thématiquement.
Résultats
La plupart avaient connu des échecs en Australie avant de partir, et c'est l'impossibilité d'obtenir une donneuse locale qui a motivé le départ. Dix des douze receveuses ont eu au moins un transfert de deux embryons, pratique plus restrictive en Australie, et sur quinze grossesses, un tiers étaient gémellaires. L'anonymat crée une inégalité au sein même des fratries : un enfant conçu avec une donneuse australienne pourra connaître son identité, son frère conçu en Afrique du Sud non.
Limites
Douze participantes recrutées sur la base du volontariat, toutes ayant réussi à avoir un enfant : celles dont le parcours a échoué ne sont pas représentées. Étude qualitative, qui décrit des expériences sans les quantifier.
Portée pratique
La situation australienne préfigure exactement celle des couples français, confrontés à la même pénurie et au même écart de règles avec l'Espagne ou la République tchèque, où l'anonymat reste la norme depuis la levée de l'anonymat en France en 2021. Deux conséquences concrètes sont à anticiper et personne n'en parle : le double transfert d'embryons, plus fréquent à l'étranger, donc le risque de jumeaux ; et le fait que l'enfant n'aura aucun accès à ses origines, alors que la loi française le lui promet désormais.
Titre original : Consequences for Australian Recipients of Cross Border Oocyte Donation in South Africa : Double Embryo Transfer and Donor Anonymity
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Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.