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Polluants persistants et endométriose profonde : une signature métabolique
CANO-SANCHO G., A, ROYER L., LEFEBVRE T., CAMPAS — Y. Guitton, T. Freour, B. Le Bizec, P. De Tullio, S. Ploteau, J., P. Antignac
Ce qu'il faut retenir
Les femmes atteintes d'endométriose profonde présentent des taux sanguins plus élevés de certains polluants organiques persistants, deux PCB et un pesticide organochloré, ainsi qu’un profil métabolique distinct.
En clair. Une signature chimique distincte a été retrouvée chez les femmes atteintes d'endométriose profonde, ce qui relance la piste environnementale.
Contexte
L'hypothèse d'un lien entre polluants de l'environnement et endométriose circule depuis trente ans, alimentée par des travaux expérimentaux sur l'animal, sans qu’on sache démontrer un mécanisme chez la femme. La difficulté tient à la mesure : ces substances s'accumulent lentement dans les graisses, et leur simple présence ne dit rien du chemin par lequel elles agiraient.
Ce qui a été fait
Étude cas-témoins française associant deux approches. D'un côté, l'analyse métabolomique du sérum de 137 femmes opérées pour endométriose ou prises en charge en FIV, avec ou sans endométriose confirmée chirurgicalement. De l'autre, une revue systématique croisant ce que l'on sait des voies métaboliques touchées par ces polluants et de celles altérées dans l'endométriose, pour vérifier que les deux se recoupent.
Résultats
Trois substances ressortent : les PCB 180 et 167, et le trans-nonachlore, un pesticide organochloré, tous associés à un risque accru d'endométriose profonde. Les femmes atteintes présentent un profil métabolique distinct, avec des taux sériques élevés de lactate, de corps cétoniques et de plusieurs acides aminés, et des taux abaissés d'acides biliaires, de phosphatidylcholines, de cortisol et d'acide hippurique. Le trans-nonachlore est spécifiquement associé à l'altération d'une voie métabolique précise, celle du 2-hydroxybutyrate.
Limites
Les auteurs sont explicites : l'effectif est limité, et le caractère transversal de l'étude n'exclut pas la causalité inverse, l'endométriose pouvant elle-même modifier le métabolisme et le stockage des polluants. Les résultats portent sur les formes profondes et ne se transposent ni aux formes superficielles ni à la population générale.
Portée pratique
Rien à changer dans la prise en charge d'une patiente aujourd’hui, mais un jalon important sur une question que les femmes atteintes posent souvent : leur maladie a-t-elle une cause environnementale ? La réponse honnête reste qu’on ne sait pas, tout en pouvant dire que des travaux sérieux explorent cette piste et commencent à identifier des mécanismes plausibles.
Accéder au document source
Résumé n° O-034 du livret officiel du congrès, en accès libre : Human Reproduction, vol. 40, suppl. 1, 2025 (PDF, 41e réunion annuelle de l'ESHRE, Paris, 29 juin - 2 juillet 2025). Le texte intégral est en anglais et reste la propriété de l'ESHRE et de ses auteurs.
Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.