Préservation de fertilité dans l'endométriose : comparaison des protocoles de stimulation
Ce qu'il faut retenir
Chez les femmes atteintes d'endométriose souhaitant conserver leurs ovocytes, la stimulation sous progestatifs donne exactement les mêmes résultats que le protocole antagoniste classique, pour un coût inférieur.
En clair. Pour conserver ses ovocytes quand on a une endométriose, un protocole plus simple et moins cher donne les mêmes résultats.
De quoi il s'agit
Chez une femme atteinte d'endométriose qui souhaite conserver ses ovocytes, quel protocole de stimulation choisir ? Les auteurs ont suivi prospectivement 108 femmes et comparé les schémas disponibles, dont la stimulation sous progestatifs. Le contexte est particulier : la maladie elle-même peut altérer la réponse ovarienne.
Contexte
La stimulation sous progestatifs, plus simple et moins chère que le protocole antagoniste, avait été développée pour les patientes atteintes de cancer, chez qui le calendrier prime. Son intérêt chez les femmes atteintes d'endométriose n'avait jamais été évalué, alors que cette indication de préservation progresse rapidement.
Ce qui a été fait
Étude de cohorte prospective couplée à une analyse coût-efficacité, dans un CHU. Cent huit femmes atteintes d'endométriose ont eu un cycle de stimulation unique, 54 en protocole antagoniste et 54 sous progestatifs. Critères : nombre d'ovocytes recueillis et vitrifiés, et coûts médicaux directs. Des régressions linéaires ont recherché les facteurs associés au rendement.
Résultats
Sur l'ensemble, 8,1 ovocytes en moyenne ont été recueillis et 6,4 vitrifiés par patiente. Le protocole antagoniste donne 7,9 ovocytes contre 8,2 sous progestatifs, différence non significative. Trois facteurs sont associés au rendement : l'âge, un antécédent de chirurgie ovarienne et le taux d'AMH.
Limites
Effectif modeste, étude monocentrique, et la répartition entre protocoles n'est pas randomisée. L'analyse coût-efficacité reflète les tarifs français et ne se transpose pas directement ailleurs.
Portée pratique
Pour une femme atteinte d'endométriose, la stimulation sous progestatifs supprime des injections, simplifie le suivi et coûte moins cher, sans rien faire perdre. On retrouve ici le même facteur que dans l'étude sur la chirurgie : l'antécédent d'intervention ovarienne pèse sur le rendement, ce qui renforce l'argument en faveur d'une préservation avant toute chirurgie plutôt qu’après.
Titre original : Outcomes of fertility preservation in women with endometriosis : comparison of progestin-primed ovarian stimulation versus antagonist protocols
Accéder à l'étude
Texte intégral en accès libre : PMC7 020 543. DOI : 10.1186/s13048-020-00620-z. Licence CC BY.
Analyse revue et mise à jour le 2 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.
