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Risque accru de prééclampsie avec le cycle artificiel en transfert congelé

Analyse rédigée2023Endomètre et implantationObstétrique / FETFrance

Ce qu'il faut retenir

Sur 68 025 accouchements uniques en France, le risque de prééclampsie est de 5,3 % après transfert congelé en cycle artificiel, contre 2,3 % en cycle ovulatoire et 2,4 % après transfert frais. Après ajustement, le risque est multiplié par 2,43.

En clair. Préparer l'utérus avec des hormones multiplie par 2,4 le risque de prééclampsie, alors que le cycle naturel n'augmente rien.

De quoi il s'agit

Le protocole utilisé pour préparer l'utérus avant un transfert congelé influence-t-il la grossesse elle-même ? Les auteurs montrent un risque accru de prééclampsie et d'autres complications vasculaires avec le cycle artificiel, comparé aux cycles conservant un corps jaune. C'est l'argument obstétrical qui s'ajoute aux arguments de fertilité en faveur du cycle naturel.

Contexte

Les grossesses issues d'un transfert congelé présentent globalement moins de complications maternelles que les transferts frais, à une exception près : la prééclampsie, plus fréquente. L'hypothèse avancée est l'absence de corps jaune dans les cycles artificiels, cette glande ovarienne qui sécrète, en plus de la progestérone, des facteurs vasculaires impliqués dans la placentation. Peu d'études avaient comparé les modes de préparation entre eux.

Ce qui a été fait

Cohorte nationale française portant sur les accouchements de 2013 à 2018, extraite du Système national des données de santé, comparant trois groupes de grossesses uniques : transfert congelé en cycle ovulatoire, transfert congelé en cycle artificiel et transfert frais. Les résultats sont ajustés sur l'âge, la parité, le tabac, l'obésité, les antécédents de diabète et d'hypertension, l'endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques et l'insuffisance ovarienne prématurée.

Résultats

68 025 accouchements uniques ont été inclus : 48 152 après transfert frais, 9 500 en cycle ovulatoire et 10 373 en cycle artificiel. La prééclampsie survient dans 5,3 % des cycles artificiels contre 2,3 % et 2,4 % dans les deux autres groupes. Après ajustement, le risque est multiplié par 2,43 par rapport au transfert frais, et par 1,50 pour les autres troubles vasculaires. En revanche, le cycle ovulatoire ne se distingue pas du transfert frais : les odds ratios ajustés sont de 1,01 et 1,00.

Limites

Les données administratives ne permettent pas de vérifier l'indication du protocole choisi : les femmes en cycle artificiel n'ovulent souvent pas régulièrement, ce qui peut constituer un facteur de risque en soi. Les auteurs ont ajusté sur les principales causes d'anovulation, sans pouvoir exclure un résidu de confusion.

Portée pratique

C'est l'argument obstétrical, et il est puissant : doubler le risque de prééclampsie n'est pas un détail de protocole. Associé aux données sur les pertes de grossesse et sur les naissances, il fait du cycle naturel le premier choix chez toute femme qui ovule. Ce résultat mérite d'être expliqué aux patientes, qui acceptent généralement mieux la contrainte du suivi de cycle quand elles en comprennent l'enjeu.

Titre original : Higher risk of preeclampsia and other vascular disorders with artificial cycle for frozen-thawed embryo transfer compared to ovulatory cycle or to fresh embryo transfer

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Texte intégral en accès libre : PMC10 240 394. Licence CC BY.

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Analyse revue et mise à jour le 2 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.

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