Croissance et développement des enfants français nés après maturation in vitro
Ce qu'il faut retenir
Les 38 enfants français nés après maturation in vitro grandissent normalement à deux ans. Les filles issues de cette technique sont même plus grandes et plus lourdes à la naissance que celles nées après ICSI.
En clair. Les enfants nés après maturation des ovocytes en laboratoire grandissent normalement.
De quoi il s'agit
Les enfants nés après maturation in vitro grandissent-ils normalement ? Les auteurs ont suivi 38 d'entre eux et les ont comparés à des enfants nés après ICSI classique. L'effectif est modeste, à la mesure de la rareté de la technique, mais il s'agit de l'une des rares séries françaises de suivi.
Contexte
La maturation in vitro évite la stimulation ovarienne et son risque d'hyperstimulation, mais elle soumet l'ovocyte à des conditions de culture inhabituelles pendant sa maturation. Les données sur le devenir des enfants restaient très limitées, ce qui freine la diffusion de la technique.
Ce qui a été fait
Étude de cohorte prospective incluant tous les enfants conçus par maturation in vitro à l'hôpital Antoine-Béclère et nés entre juin 2003 et octobre 2008, soit 38 enfants, comparés à un groupe témoin conçu par ICSI sans maturation, apparié sur l'âge maternel, l'âge gestationnel et le caractère unique ou gémellaire de la grossesse. Le suivi comprenait un examen clinique à un an et un questionnaire parental à deux ans, avec un taux de suivi de 97 %.
Résultats
Aucune différence n'apparaît chez les garçons. Chez les filles, le poids, la taille et le périmètre crânien à la naissance sont significativement supérieurs dans le groupe maturation in vitro : 3,236 kg contre 2,701 kg et 49 cm contre 47 cm. La croissance ultérieure ne montre pas d'anomalie.
Limites
Trente-huit enfants et un suivi de deux ans : l'effectif et le recul sont insuffisants pour détecter des événements rares ou des effets tardifs. La différence observée chez les filles, portant sur de petits nombres, demande confirmation.
Portée pratique
Données rassurantes, cohérentes avec le suivi à 24 mois présenté à l'ESHRE 2022. Elles comptent pour une technique qui reste marginale en France alors qu’elle correspond exactement aux besoins de certaines patientes, notamment celles atteintes du syndrome des ovaires polykystiques et celles pour qui le temps manque avant un traitement anticancéreux.
Titre original : Growth Development of French Children Born after In Vitro Maturation
Accéder à l'étude
Texte intégral en accès libre : PMC3 935 896. Licence CC BY.
Analyse revue et mise à jour le 2 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.
