Qui ne répond pas aux enquêtes de suivi après FIV ?
Ce qu'il faut retenir
Dans une étude de suivi par courrier auprès de 6 507 couples ayant fait une FIV, seuls 62 % ont pu être contactés et 58 % de ceux-là ont répondu. Ceux qui répondent ont beaucoup plus souvent eu un enfant : les enquêtes de devenir surestiment donc mécaniquement les succès.
En clair. Dans les enquêtes de suivi, ceux qui répondent sont surtout ceux qui ont eu un enfant : les taux de réussite publiés sont donc trop optimistes.
De quoi il s'agit
Les enquêtes de suivi envoyées par courrier après une FIV souffrent d'un défaut connu : ceux qui répondent ne ressemblent pas à ceux qui ne répondent pas. Les auteurs ont analysé 6 507 couples pour décrire précisément qui ne répond pas, et en quoi ces couples diffèrent. C'est un travail méthodologique, mais il conditionne l'interprétation de toutes les études de devenir après AMP.
Contexte
Un bon taux de réponse passe pour un gage de qualité dans une enquête. Mais ce qui compte davantage, c'est de savoir si ceux qui répondent ressemblent à ceux qui se taisent. En FIV, la question est cruciale : toutes les études de devenir à long terme reposent sur des questionnaires, et leurs résultats servent ensuite à informer les couples.
Ce qui a été fait
L'étude DAIFI est une cohorte rétrospective de 6 507 couples ayant commencé une FIV entre 2000 et 2002 dans huit centres français. Les données médicales étaient disponibles pour tous, mais le devenir à long terme seulement pour les 2 321 participants à l'enquête postale. Les auteurs ont modélisé par régression logistique, d'une part les facteurs associés au fait d'être joignable, d'autre part ceux associés au fait de répondre parmi les couples contactés.
Résultats
62 % des couples ont pu être contactés, et 58 % d'entre eux ont répondu. Les couples joignables avaient plus souvent eu un enfant pendant le traitement que les non-joignables, et le même écart se retrouve entre répondants et non-répondants. Après ajustement, avoir eu une naissance pendant la FIV reste associé aux deux probabilités, et plus fortement encore à celle de répondre.
Limites
L'étude porte sur des couples traités au début des années 2000, à une époque où les coordonnées se perdaient plus facilement. Les mécanismes de non-réponse ont pu évoluer avec les moyens de contact actuels.
Portée pratique
C'est un travail de méthode, mais il conditionne l'interprétation de tout le reste. Quand une publication annonce que tant de pour cent des couples ont finalement eu un enfant, il faut savoir que ceux qui ont échoué répondent moins. Le chiffre réel est donc plus bas que le chiffre publié, et cette correction devrait accompagner toute communication de résultats à long terme.
Titre original : Who does not participate in a follow-up postal study ? A survey of infertile couples treated by IVF
Accéder à l'étude
Texte intégral en accès libre : PMC3 489 673. DOI : 10.1186/1471-2288-12-104. Licence CC BY.
Analyse revue et mise à jour le 2 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.
