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Endométrite chronique et microbiote : une flore appauvrie en lactobacilles
KARRER T., von WOLFF — Inselspital Gynecology and Obstetrics Bern Switzerland
Ce qu'il faut retenir
Sur 22 études et 4 022 femmes, l'endométrite chronique s'accompagne d'une flore utérine appauvrie en lactobacilles protecteurs et enrichie en bactéries pathogènes : streptocoques, entérocoques, colibacilles, staphylocoques et uréaplasmes.
En clair. L'inflammation chronique de l'endomètre s'accompagne d'un déséquilibre de sa flore bactérienne, avec moins de lactobacilles protecteurs.
Contexte
On a longtemps cru l'utérus stérile. Les techniques de séquençage ont montré qu’il abrite une flore propre, dominée chez la femme en bonne santé par les lactobacilles, comme le vagin. L'endométrite chronique, inflammation discrète de la muqueuse, est-elle liée à un déséquilibre de cette flore ? La réponse déterminerait si l'antibiothérapie a un sens.
Ce qui a été fait
Revue systématique et méta-analyse portant sur 22 études publiées entre 2000 et 2025, totalisant 4 022 femmes infertiles. L'endométrite était diagnostiquée par marquage immunologique CD138, référence actuelle, et le microbiote analysé par méthodes moléculaires. Les études incluses étaient transversales ou longitudinales.
Résultats
L'endométrite chronique est associée à une moindre prévalence de flores dominées par les lactobacilles et à une détection accrue d'espèces pathogènes, notamment streptocoques, entérocoques, Escherichia coli, staphylocoques et uréaplasmes.
Limites
Les auteurs pointent une hétérogénéité majeure : les critères diagnostiques de l'endométrite varient d'une étude à l'autre, les méthodes d'analyse du microbiote aussi, et la plupart des travaux sont observationnels. Aucune relation causale ne peut être établie : la dysbiose peut être la conséquence de l'inflammation autant que sa cause.
Portée pratique
À lire absolument en regard de l'étude montrant que ni le dépistage ni l'antibiothérapie n'améliorent les naissances. Les deux ne se contredisent pas : il existe bien une association biologique, mais la corriger ne change pas le résultat clinique. C'est une situation classique en médecine, où un mécanisme plausible ne suffit pas à justifier un traitement.
Accéder au document source
Résumé n° P-329 du livret officiel du congrès, en accès libre : Human Reproduction, vol. 41, suppl. 1, 2026 (PDF, 42e réunion annuelle de l'ESHRE, Londres, 5-8 juillet 2026). Le texte intégral est en anglais et reste la propriété de l'ESHRE et de ses auteurs.
Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.