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Préparation endométriale et pertes de grossesse après transfert d'un blastocyste euploïde
VERPOEST W., BLOCKEEL C. — Brussels IVF UZ Brussel Jette Belgium
Ce qu'il faut retenir
Dans un essai randomisé mené à Bruxelles, la préparation de l'utérus par traitement hormonal s'accompagne de plus de pertes de grossesse que la préparation en cycle naturel véritable, alors même que l'embryon transféré avait été testé génétiquement normal. L'essai a été interrompu avant son terme en raison des signaux de sécurité accumulés sur les complications vasculaires du cycle artificiel.
En clair. Même avec un embryon génétiquement normal, la façon de préparer l'utérus change le risque de fausse couche : le cycle naturel fait mieux.
Contexte
Quand on transfère un embryon congelé, il faut que l'endomètre soit prêt à l'accueillir. Deux voies existent : suivre le cycle naturel de la femme et transférer après son ovulation, ou bloquer ce cycle et reconstituer l'endomètre par œstrogènes puis progestérone. La seconde est plus simple à programmer, ce qui explique sa diffusion. Elle a un inconvénient rarement expliqué aux patientes : sans ovulation, il n'y a pas de corps jaune, cette petite glande qui se forme dans l'ovaire après la ponte de l'ovocyte et qui sécrète, en plus de la progestérone, des facteurs vasculaires impliqués dans la formation du placenta. Depuis quelques années, les données s'accumulent sur un surrisque de prééclampsie avec le cycle artificiel. Restait la question des pertes de grossesse précoces.
Ce qui a été fait
Essai randomisé mené dans un hôpital universitaire bruxellois de mai 2019 à mai 2024, chez des patientes transférant un blastocyste congelé préalablement testé euploïde — ce qui neutralise la cause la plus fréquente de fausse couche, l'anomalie chromosomique de l'embryon. Le calcul de puissance prévoyait 261 patientes par groupe pour détecter une hausse des pertes de grossesse de 9,9 % en cycle naturel à 18,4 % en cycle artificiel. L'essai a été arrêté après l'inclusion de 354 patientes.
Résultats
La préparation en cycle artificiel s'accompagne d'un taux de pertes de grossesse supérieur à celui observé après préparation en cycle naturel véritable. Le fait que tous les embryons transférés aient été euploïdes renforce la portée du résultat : ce qui différencie les deux groupes ne vient pas de l'embryon, mais de l'utérus qui l'accueille et de l'environnement hormonal dans lequel la grossesse débute.
Limites
L'essai n'a pas atteint l'effectif prévu : le financeur l'a interrompu, jugeant la poursuite inutile au vu de l'ensemble des données cliniques et biologiques disponibles, et des inquiétudes sur les troubles hypertensifs après cycle artificiel. Un essai arrêté en cours de route perd de la puissance statistique, ce qui limite la précision de l'estimation. Par ailleurs, le cycle naturel n'est possible que chez les femmes qui ovulent régulièrement : le résultat ne dit rien de celles qui n'ovulent pas et pour qui le cycle artificiel reste la seule option.
Portée pratique
Le faisceau devient difficile à ignorer : mêmes conclusions dans les registres, dans les études françaises sur la prééclampsie et dans les travaux présentés à la FFER 2026, où le cycle naturel modifié triple la probabilité de naissance. Pour une femme qui ovule, la question n'est plus vraiment de savoir quelle préparation choisir, mais d'accepter la contrainte d'organisation qu’impose le suivi de son cycle. C'est un arbitrage entre le confort du centre et le résultat de la patiente, et il mérite d'être posé explicitement en consultation.
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Résumé n° O-024 du livret officiel du congrès (41e réunion annuelle de l'ESHRE, Paris, 29 juin - 2 juillet 2025). Le livret complet est en accès libre : Human Reproduction, vol. 40, suppl. 1, 2025 — sommaire du supplément, chaque résumé y est accessible par son numéro. Le texte intégral est en anglais et reste la propriété de l'ESHRE et de ses auteurs.
Analyse revue et mise à jour le 2 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.