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L'âge maternel cesse de compter une fois l'embryon testé euploïde

Analyse rédigée2025ESHRE 2025Embryologie et laboratoireEspagneTurquieBelgique

GAYETE-MOR B., MIGUEL-ESCALADA I., KALAFAT E., M, ZAMORA J. — o, D. Stoop, A. Lorenzon, A. Pujol, B. Lled, A. Rodriguez-Aranda, D. Sakkas, M. Popovic

Ce qu'il faut retenir

Sur 11 855 transferts d'un seul blastocyste euploïde dans sept centres, l'âge maternel avancé ne modifie pas significativement l'implantation, la grossesse, la naissance ni les fausses couches. Il agit en amont, sur la qualité des embryons obtenus.

En clair. Une fois l'embryon testé génétiquement normal, l'âge de la femme ne change plus grand-chose : il agit surtout sur le nombre d'embryons normaux obtenus.

Contexte

L'âge de la femme est le premier déterminant des résultats en FIV, tout le monde le sait. Mais par quel mécanisme ? Deux explications coexistent : l'âge dégraderait la qualité chromosomique des ovocytes, donc des embryons, ou bien il altérerait aussi la capacité de l'utérus à porter une grossesse. Le test génétique des embryons permet de trancher, puisqu'il suffit de comparer les résultats à embryon génétiquement normal identique.

Ce qui a été fait

Étude rétrospective multicentrique portant sur 11 855 transferts d'un seul blastocyste euploïde, issus de cycles avec ovocytes de la patiente elle-même et test génétique des embryons, réalisés dans sept centres entre janvier 2015 et octobre 2024. Critères retenus : implantation, grossesse clinique, naissance vivante et fausse couche. La qualité embryonnaire était cotée selon une version modifiée de la classification de Gardner.

Résultats

À embryon euploïde égal, l'âge maternel avancé n'affecte pas significativement les résultats cliniques. En revanche, il s'accompagne d'une moins bonne qualité morphologique des embryons obtenus. L'effet de l'âge se joue donc essentiellement avant le transfert : moins d'ovocytes, moins d'embryons, une proportion plus faible d'entre eux génétiquement normaux.

Limites

Étude rétrospective, portant sur une population sélectionnée : les femmes qui parviennent à obtenir un blastocyste euploïde après 40 ans ne représentent pas l'ensemble des femmes de cet âge en parcours de FIV. Le résultat ne signifie donc pas que l'âge n'a pas d'importance, mais que son effet passe par le nombre d'embryons utilisables.

Portée pratique

C'est un message utile en consultation et souvent mal compris. À une femme de 42 ans qui dispose d'un embryon euploïde congelé, on peut annoncer des chances comparables à celles d'une femme plus jeune dans la même situation. La difficulté est d'arriver jusque-là, et c'est sur ce point que l'information doit porter : le nombre de ponctions probablement nécessaires, plutôt que le pronostic du transfert lui-même.

Analyse rédigée par Les JTA à partir du résumé présenté à ESHRE 2025 (O-149). Le résumé original reste la propriété de ses auteurs ; il figure dans Human Reproduction, vol. 41, suppl. 1.

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