Seize ans de cryoconservation de tissu ovarien en pédiatrie : analyse bicentrique
Ce qu'il faut retenir
Sur seize ans et 72 patientes pédiatriques, l'âge moyen à la congélation de tissu ovarien est de 9,3 ans. L'indication principale est la greffe de cellules souches, dans 82 % des cas.
En clair. Chez les petites filles, la congélation de tissu ovarien est faite huit fois sur dix avant une greffe de moelle.
De quoi il s'agit
Congeler du tissu ovarien chez une petite fille ou une adolescente : sur quels critères, et avec quels résultats ? Les auteurs ont repris seize ans d'activité dans deux centres, soit 72 patientes pédiatriques. C'est l'une des plus longues séries disponibles dans cette population où le recul manque cruellement.
Contexte
Les progrès des traitements du cancer de l'enfant ont fait de la préservation de la fertilité une composante à part entière de la prise en charge. Chez une fille prépubère, la congélation de tissu ovarien est la seule option possible. Son efficacité est démontrée chez l'adulte, mais les données pédiatriques restent rares.
Ce qui a été fait
Étude rétrospective bicentrique française portant sur la pratique de janvier 2004 à mai 2020. Soixante-douze patientes issues d'unités pédiatriques ont bénéficié d'une congélation avant traitement gonadotoxique, pour maladie maligne ou non. Le cortex ovarien était découpé en fragments et la densité folliculaire évaluée histologiquement, avec suivi à long terme du statut hormonal et de la fertilité.
Résultats
L'âge moyen à la congélation est de 9,3 ans, avec des extrêmes de 0,2 à 17 ans, et 29,2 % des patientes étaient pubères. Cinquante et une avaient une maladie maligne, principalement leucémie aiguë, hémoglobinopathie ou neuroblastome. L'indication était une greffe de cellules souches pour 81,9 % d'entre elles. Un tiers de chaque ovaire a été prélevé chez 62,5 % des patientes, un ovaire entier chez 33,3 %. En moyenne 17 fragments par patiente ont été conservés, et le nombre de fragments est corrélé à l'âge.
Limites
Étude rétrospective, et surtout recul insuffisant pour juger de l'essentiel : ces enfants sont encore jeunes, et le nombre de greffes réalisées reste très faible.
Portée pratique
Le chiffre à retenir est celui de l'indication : huit fois sur dix, une greffe de cellules souches, c'est-à-dire la situation où le risque d'insuffisance ovarienne est quasi certain. Cela cadre la discussion avec les familles, à un moment où elles doivent décider vite. Le prélèvement partiel bilatéral, majoritaire ici, permet d'obtenir plus de fragments qu’un ovaire entier.
Titre original : A 16-year bicentric retrospective analysis of ovarian tissue cryopreservation in pediatric units
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Texte intégral en accès libre : PMC10 501 795. Licence CC BY.
Analyse revue et mise à jour le 2 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.
