Perception de la fertilité, préservation et désir d'enfant chez les survivantes de cancer
Ce qu'il faut retenir
Deux ans après un cancer, 57,8 % des hommes et 67,4 % des femmes déclarent qu’aucune préservation de fertilité ne leur a été proposée avant le traitement, alors que la loi française l'impose.
En clair. Deux ans après un cancer, six patients sur dix disent qu’on ne leur a jamais parlé de préserver leur fertilité.
De quoi il s'agit
Une femme guérie d'un cancer sait-elle où elle en est de sa fertilité ? Les auteurs ont interrogé 427 femmes et 115 hommes survivants, sur ce qu’ils avaient compris de leur situation, ce qu’on leur avait proposé et leur désir d'enfant. L'écart entre l'information reçue et l'information souhaitée est le principal enseignement.
Contexte
La loi de bioéthique oblige à informer tout patient dont le traitement peut altérer la fertilité et à lui proposer une préservation. Les techniques existent et sont remboursées. Reste à savoir ce qui se passe réellement, du point de vue des patients eux-mêmes et non des centres.
Ce qui a été fait
Enquête déclarative auprès de 427 femmes et 115 hommes survivants d'un cancer, interrogés deux ans puis cinq ans après le diagnostic, sur leur perception de leur fertilité, l'accès à une conservation de gamètes, leur désir d'enfant et les grossesses survenues.
Résultats
Au moment du diagnostic, 96,5 % des hommes et 92,9 % des femmes se pensaient fertiles, et 38 % désiraient un enfant. Mais 57,8 % des hommes et 67,4 % des femmes déclarent qu’aucune discussion sur la préservation n'a eu lieu avant le traitement. Deux ans après, 26,8 % désirent toujours un enfant. Cinq ans après, 18 naissances ont été rapportées.
Limites
Données déclaratives : un patient peut avoir oublié une information donnée au moment de l'annonce du cancer, moment où la capacité d'attention est fortement réduite. L'écart réel entre information délivrée et information reçue est donc difficile à trancher, mais le résultat reste inquiétant dans les deux hypothèses.
Portée pratique
Que l'information n'ait pas été donnée ou qu’elle n'ait pas été entendue, le résultat est le même pour le patient. Cela plaide pour une information écrite, répétée, et accessible après coup — exactement le type de besoin qu’un site documentaire peut couvrir, en relais de la consultation d'annonce.
Titre original : Fertility status perception, fertility preservation and desire to have children in cancer survivors : French VICAN survey
Accéder à l'étude
Texte intégral en accès libre : PMC6 234 464. DOI : 10.4155/fsoa-2018-0018. Licence CC BY.
Analyse revue et mise à jour le 2 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.
