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Devenir des couples demandeurs après leur inscription en don d'ovocytes

Analyse rédigée2022Don de gamètes et gestation pour autruiArticleFrance

Laurie Lorentz, Bérengère Ducrocq, Geoffroy Robin, Sophie Jonard-Catteau

Ce qu'il faut retenir

Sur les couples inscrits en don d'ovocytes à Lille et ayant quitté le parcours entre 2005 et 2021, les trois causes d'arrêt dominantes sont l'échec après plusieurs dons (18 %), l'interruption volontaire (15 %) et la séparation du couple (14 %). Trente-huit femmes ont conçu spontanément et trente-trois couples sont partis à l'étranger.

En clair. Sur les couples inscrits en don d'ovocytes qui abandonnent, un sur sept se sépare, trente-huit femmes sont tombées enceintes en attendant, et trente-trois sont parties à l'étranger.

Contexte

En France, le don d'ovocytes se heurte à une pénurie durable et à des délais d'attente qui se comptent en années. On connaît les taux de succès de ceux qui vont au bout, jamais le devenir de ceux qui s'arrêtent avant. Or c'est précisément ce que vivent la majorité des couples inscrits.

Ce qui a été fait

Étude observationnelle rétrospective monocentrique menée au CHU de Lille, portant sur les couples receveurs ou demandeurs de don d'ovocytes ayant interrompu leur parcours entre le 1er janvier 2005 et le 29 avril 2021, hors naissance vivante obtenue par don dans le centre. L'objectif était d'identifier les causes d'arrêt et leur fréquence respective.

Résultats

Les trois causes les plus fréquentes sont l'échec après plusieurs dons d'ovocytes (18 %), le souhait des couples d'interrompre volontairement la prise en charge (15 %) et la séparation (14 %). Trente-huit femmes ont conçu spontanément pendant l'attente, et trente-trois couples ont bénéficié d'un don d'ovocytes à l'étranger.

Limites

Étude monocentrique rétrospective sur une période de seize ans, pendant laquelle le cadre légal et l'organisation du don ont beaucoup changé. Les causes d'arrêt sont reconstituées à partir des dossiers, ce qui sous-estime probablement les renoncements silencieux.

Portée pratique

Trois enseignements que peu de centres documentent. D'abord, la séparation du couple compte pour 14 % des arrêts, ce qui dit l'usure du parcours et l'attente. Ensuite, trente-huit grossesses spontanées sont survenues pendant l'attente, chiffre à donner aux couples qui vivent l'inscription comme une condamnation. Enfin, trente-trois couples sont partis à l'étranger : le départ n'est pas marginal, il est une issue ordinaire de la file d'attente française.

Accéder au texte

Dépôt en accès libre sur HAL : hal-04960859. Publié dans Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie.

Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.

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