Accueil › Dossiers › FFER 2026
Vitrification ovocytaire en cycle unique ou multi – stimulation en préservation de fertilité : impact sur les résultats d'ICSI après réchauffement
SAMMOUDA I. — Avenue du Juillet Bondy Laboratoire de Biologie de la Reproduction , CHU Jean Verdier
Ce qu'il faut retenir
Le cumul ovocytaire sur plusieurs cycles de stimulation, bien qu’associé à une légère diminution de la survie post-réchauffement, ne compromet ni les résultats embryonnaires ni les taux de grossesse après ICSI. Cette stratégie constitue une option efficace en préservation de fertilité, permettant d'optimiser le nombre d'ovocytes sans impact clinique défavorable.
En clair. Accumuler des ovocytes sur plusieurs stimulations fait perdre un peu à la décongélation, sans nuire aux embryons ni aux grossesses.
De quoi il s'agit
Quand une seule stimulation ne donne pas assez d'ovocytes, on en enchaîne plusieurs pour constituer un stock : cette accumulation pénalise-t-elle le résultat ? Les auteurs ont comparé 217 patientes revenues réchauffer leurs ovocytes entre 2015 et 2025, selon qu’elles avaient fait une ou plusieurs stimulations. Les femmes multi-stimulées avaient une réserve ovarienne plus basse au départ, et la survie à la décongélation est légèrement inférieure, sans conséquence sur les embryons ni sur les grossesses.
Ce que les auteurs voulaient savoir
La vitrification ovocytaire constitue une stratégie majeure en préservation de fertilité. Le cumul d'ovocytes sur plusieurs cycles de stimulation ovarienne permet d'optimiser le stock ovocytaire conservé, notamment chez les patientes à faible réserve ovarienne. Toutefois, l'impact potentiel de stimulations répétées sur la qualité ovocytaire et les résultats d'ICSI après réchauffement reste débattu. Cette étude évalue l'effet du nombre de cycles sur les issues embryonnaires et cliniques.
Comment ils ont procédé
Étude de cohorte rétrospective monocentrique incluant 217 patientes ayant eu recours au réchauffement d'ovocytes vitrifiés entre 2015 et 2025 dans un contexte de préservation de fertilité sociale ou médicale. Deux groupes : cycle unique de stimulation (G1, n=78) versus cycles multiples (G2, n=139). Critère d'inclusion : nombre d'ovocyte mature moyen <10, évalué sur une stimulation unique ou sur la moyenne des stimulations selon le groupe. Exclusion des ovocytes de don et issus de maturation in vitro. Vitrification par technique Cryotop® (Kitazato). Critère principal : survie ovocytaire post-réchauffement. Critères secondaires : fécondation, développement embryonnaire, implantation et grossesse clinique. Analyse statistique appropriée.
Ce qu'ils ont observé
Les deux groupes étaient comparables en termes d'âge au moment de la vitrification (G1 : 35.1 vs G2 : 35.5 ans) et d'IMC (23.7 vs 22.4 kg/m²). L'AMH (1.85 vs 1.12 ng/mL ; p=0.04) et le CFA (14.10 vs 9.76 ; p<;0.01) étaient significativement plus élevés dans le G1 reflétant une meilleure réserve ovarienne initiale. Les protocoles de stimulation étaient similaires, avec des doses initiales (350.5 vs 376.9 IU) et totales de FSH légèrement plus élevées dans le G2 (3737.5 vs 3912.5 IU), sans différence significative. Les indications sociétales et médicales étaient également réparties (sociétale : 76.7% vs 80.9% ; médicale : 23.3% vs 19.1% ; p=0.295). Le nombre moyen d'ovocytes congelés par patiente était significativement plus élevé dans le G2 (9.09 vs 5.05 ; p<0.001), avec en moyenne 2.72 cycles de stimulation dans ce groupe. La survie des ovocytes après réchauffement était significativement meilleure dans le G1 (92.21% vs 81.29% ; p=0.01), et le taux d'embryons utilisables était plus élevé dans le G1 à la limite de la significativité (66.87% vs 58.98% ; p=0.05). Les taux de fécondation (76.70% vs 72.31% ; p=0.180), de dégénérescence post-ICSI (3.54% vs 4.90% ; p=0.309) et de blastulation (46.98% vs 49.61% ; p=0.640) ne différaient pas significativement. Avec un nombre moyen similaire d'embryons transférés (1.79 vs 1.63), les taux d'implantation (21.23% vs 26.16% ; p=0.369), de grossesse biochimique (39.74% vs 48.92% ; p=0.164) et de grossesse clinique (35.89% vs 35.97% ; p=0.111
Ce qu'ils en concluent
Le cumul ovocytaire sur plusieurs cycles de stimulation, bien qu’associé à une légère diminution de la survie post-réchauffement, ne compromet ni les résultats embryonnaires ni les taux de grossesse après ICSI. Cette stratégie constitue une option efficace en préservation de fertilité, permettant d'optimiser le nombre d'ovocytes sans impact clinique défavorable.
Accéder au document source
Poster présenté aux journées de la FFER 2026 sous la référence FFER-0040-2026. Le livret des résumés et le programme sont publiés sur le site du congrès : ffer-montpellier2026.fr.
Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.