Accueil › Dossiers › FFER 2026
Mauvaises répondeuses de plus de 38 ans : L'IIU a-t-elle encore sa place face à la FIV/ICSI ?
VECCHIA RITTER Virginie — Avenue de la république, 37170 CHAMBRAY LES TOURS CHRU TOURS
Ce qu'il faut retenir
La FIV/ICSI améliore les résultats des tentatives chez les mauvaises répondeuses de 38-43 ans, confirmant la littérature, surtout pour 40-43 ans. Entre 38-40 ans, l'absence de significativité sur le taux de naissance vivante suggère qu'une stratégie séquentielle IIU puis FIV/ICSI (Van Eekelen et al., 2025) pourrait être une alternative pertinente.
Objectif
La prise en charge des patientes dites mauvaises répondeuses est un défi quotidien des centres d’assistance médicale à la procréation (AMP). La supériorité de la FIV par rapport à l’IIU dans ces indications reste controversée. Notre étude s’inscrit dans cette problématique et tente d’y apporter une réponse en comparant les résultats des techniques d’IIU et de FIV/ICSI chez ces patientes mauvaises répondeuses.
Méthode
Cette étude rétrospective monocentrique porte sur 479 tentatives réalisées au sein du centre d'AMP entre 2010 et 2025. Les patientes ont été incluses selon les critères des classifications de Bologne et POSEIDON (groupe 4), associant un âge avancé et une faible réserve ovarienne (AMH < 1,1 ng/mL). Trois groupes ont été définis selon l'âge : Groupe A (38-40 ans), Groupe B (40-43 ans) et Groupe C (> 43 ans). Pour chaque groupe, les taux de grossesse échographique et de naissance vivante ont été comparés entre les techniques IIU et FIV/ICSI par le test de Fisher.
Résultats
229 tentatives ont été analysées dans le groupe A : 38 IIU et 191 FIV/ICSI, dont 104 ont abouti à un transfert embryonnaire. La comparaison entre les deux techniques révèle une différence statistiquement significative en faveur de la FIV/ICSI pour le taux de grossesse échographique : 27,9% (29/104) versus 5,3% (2/38) en IIU (p = 0,003). Une tendance en faveur de la FIV/ICSI est également observée pour le taux de naissance vivante : 13,5% (14/104) versus 2,6% (1/38) en IIU (p = 0,08), sans atteindre le seuil de significativité. 414 tentatives ont été analysées dans le groupe B : 49 IIU et 365 FIV/ICSI, dont 193 ont abouti à un transfert embryonnaire. La comparaison entre les deux techniques révèle une différence statistiquement significative en faveur de la FIV/ICSI pour le taux de grossesse échographique : 27,9% (29/104) versus 5,3% (2/38) en IIU (p = 0,003) et le taux de naissance vivante : 13,5% (14/104) versus 2,6% (1/38) en IIU (p = 0,08). Les effectifs du groupe C restent limités, avec 65 tentatives au total : 49 IIU et 16 FIV/ICSI, dont 8 ont abouti à un transfert embryonnaire. Cette faiblesse des effectifs invite à la prudence dans l'interprétation des résultats. Les taux de grossesse sont très bas quelle que soit la technique : 4,1% (2/49) en IIU et 0,0% (0/8) en FIV/ICSI, sans différence statistiquement significative entre les deux groupes (p = 1,00, test de Fisher). Aucune naissance vivante n'a été obtenue, ni en IIU ni en FIV/ICSI. Nb : FIV/ICSI après 43 ans réalis
Conclusion des auteurs
La FIV/ICSI améliore les résultats des tentatives chez les mauvaises répondeuses de 38-43 ans, confirmant la littérature, surtout pour 40-43 ans. Entre 38-40 ans, l'absence de significativité sur le taux de naissance vivante suggère qu'une stratégie séquentielle IIU puis FIV/ICSI (Van Eekelen et al., 2025) pourrait être une alternative pertinente. Au-delà de 43 ans, les faibles effectifs imposent la prudence, mais les résultats limités confirment la nécessité d'une prise en charge personnalisée.