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Blastocystes issus d'ovocytes anormalement fécondés en PGT-M : quelle utilité clinique ?
N. Peters, C. Kumps, D. Stoop, S. Janssens, K. Tilleman — Ghent, Belgium
Ce qu'il faut retenir
Cultiver et tester les embryons issus d'une fécondation anormale n'aboutit que dans 6 % des cas à un embryon transférable, mais peut sauver un cycle qui n'en aurait aucun.
Contexte
Environ 5 % des ovocytes injectés présentent une fécondation anormale, avec un ou trois pronuclei au lieu de deux. Ces embryons sont habituellement écartés. Dans les cycles de diagnostic préimplantatoire pour maladie monogénique, où le nombre d'embryons transférables est déjà réduit par le test, la question de les récupérer se pose différemment.
Ce qui a été fait
Cohorte rétrospective monocentrique de 387 cycles de PGT-M avec ponction, d'octobre 2024 à novembre 2025. Depuis octobre 2024, les ovocytes anormalement fécondés sont systématiquement cultivés jusqu'au stade blastocyste et biopsiés s'ils sont éligibles. Critère principal : proportion d'embryons transférables après test complet.
Résultats
Sur 4 353 ovocytes matures injectés, 223 fécondations anormales, dont 117 à un pronucleus et 94 à trois. Le taux d'accès à la biopsie est nettement plus faible que pour les embryons normaux : 12,8 % pour les 1pn et 29,8 % pour les 3pn, contre 54,6 %. Au total, 47 blastocystes issus de ces ovocytes ont été testés et 3 seulement, soit 6,3 %, se sont révélés transférables.
Limites
Un seul embryon avait été transféré au moment de l'analyse : rien ne peut être dit de l'implantation ni de la naissance. Effectifs faibles, centre unique, recul court.
Portée pratique
Le rendement est mauvais, ce qui est l'information principale : il ne s'agit pas d'une pratique à généraliser. Mais dans un cycle de PGT-M qui se solderait par aucun embryon disponible, tester ces blastocystes offre une chance résiduelle. C'est un arbitrage à poser au cas par cas, en informant le couple du très faible rendement attendu.