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Vitrification ovocytaire en cycle unique ou multi- stimulation en préservation de fertilité : impact sur les résultats d'ICSI après réchauffement
SAMMOUDA Ines — Avenue du 14 Juillet 93140 Bondy Laboratoire de Biologie de la Reproduction , CHU Jean Verdier
Ce qu'il faut retenir
Le cumul ovocytaire sur plusieurs cycles de stimulation, bien qu’associé à une légère diminution de la survie post-réchauffement, ne compromet ni les résultats embryonnaires ni les taux de grossesse après ICSI. Cette stratégie constitue une option efficace en préservation de fertilité, permettant d’optimiser le nombre d’ovocytes sans impact clinique défavorable.
Objectif
La vitrification ovocytaire constitue une stratégie majeure en préservation de fertilité. Le cumul d’ovocytes sur plusieurs cycles de stimulation ovarienne permet d’optimiser le stock ovocytaire conservé, notamment chez les patientes à faible réserve ovarienne. Toutefois, l’impact potentiel de stimulations répétées sur la qualité ovocytaire et les résultats d’ICSI après réchauffement reste débattu. Cette étude évalue l’effet du nombre de cycles sur les issues embryonnaires et cliniques.
Méthode
Étude de cohorte rétrospective monocentrique incluant 217 patientes ayant eu recours au réchauffement d’ovocytes vitrifiés entre 2015 et 2025 dans un contexte de préservation de fertilité sociale ou médicale. Deux groupes : cycle unique de stimulation (G1, n=78) versus cycles multiples (G2, n=139). Critère d’inclusion : nombre d'ovocyte mature moyen <10, évalué sur une stimulation unique ou sur la moyenne des stimulations selon le groupe. Exclusion des ovocytes de don et issus de maturation in vitro. Vitrification par technique Cryotop® (Kitazato). Critère principal : survie ovocytaire post-réchauffement. Critères secondaires : fécondation, développement embryonnaire, implantation et grossesse clinique. Analyse statistique appropriée.
Résultats
Les deux groupes étaient comparables en termes d’âge au moment de la vitrification (G1 : 35.1 vs G2 : 35.5 ans) et d’IMC (23.7 vs 22.4 kg/m²). L’AMH (1.85 vs 1.12 ng/mL ; p=0.04) et le CFA (14.10 vs 9.76 ; p<;0.01) étaient significativement plus élevés dans le G1 reflétant une meilleure réserve ovarienne initiale. Les protocoles de stimulation étaient similaires, avec des doses initiales (350.5 vs 376.9 IU) et totales de FSH légèrement plus élevées dans le G2 (3737.5 vs 3912.5 IU), sans différence significative. Les indications sociétales et médicales étaient également réparties (sociétale : 76.7% vs 80.9% ; médicale : 23.3% vs 19.1% ; p=0.295). Le nombre moyen d’ovocytes congelés par patiente était significativement plus élevé dans le G2 (9.09 vs 5.05 ; p<0.001), avec en moyenne 2.72 cycles de stimulation dans ce groupe. La survie des ovocytes après réchauffement était significativement meilleure dans le G1 (92.21% vs 81.29% ; p=0.01), et le taux d’embryons utilisables était plus élevé dans le G1 à la limite de la significativité (66.87% vs 58.98% ; p=0.05). Les taux de fécondation (76.70% vs 72.31% ; p=0.180), de dégénérescence post-ICSI (3.54% vs 4.90% ; p=0.309) et de blastulation (46.98% vs 49.61% ; p=0.640) ne différaient pas significativement. Avec un nombre moyen similaire d’embryons transférés (1.79 vs 1.63), les taux d’implantation (21.23% vs 26.16% ; p=0.369), de grossesse biochimique (39.74% vs 48.92% ; p=0.164) et de grossesse clinique (35.89% vs 35.97% ; p=0.111
Conclusion des auteurs
Le cumul ovocytaire sur plusieurs cycles de stimulation, bien qu’associé à une légère diminution de la survie post-réchauffement, ne compromet ni les résultats embryonnaires ni les taux de grossesse après ICSI. Cette stratégie constitue une option efficace en préservation de fertilité, permettant d’optimiser le nombre d’ovocytes sans impact clinique défavorable.