Accueil › Dossiers › FFER 2026
Le cycle naturel modifie peut-il atténuer les risques obstétricaux lies au surpoids et à l’obesite? Résultats périnataux de 715 transferts d’un blastocyste euploïde
Mallafre Anna — Av Daigonal 662 08034 Barcelone Institut Marques, FutureLife Group, Barcelone
Ce qu'il faut retenir
Chez les patientes ovulatoires avec IMC ≥25, le TEC en cycle naturel modifié permet d’obtenir des résultats reproductifs comparables à ceux observés chez les patientes avec IMC <25, y compris après prise en compte des cycles annulés. Malgré une augmentation du taux de césarienne et une tendance à davantage de prématurité, cette stratégie apparaît pertinente, sous réserve d’une information adaptée et d’un suivi obstétrical renforcé.
Objectif
Chez les patientes ovulatoires, le transfert d’embryon congelé en cycle naturel modifié (CNM) préserve la fonction du corps jaune et pourrait réduire certaines complications obstétricales par rapport aux cycles substitués. Le surpoids et l’obésité sont associés à un risque accru de fausse couche, diabète gestationnel, prééclampsie, prématurité et césarienne. Les données évaluant le CNM chez les patientes avec IMC ≥25 restent limitées.
Méthode
Étude clinique comparative rétrospective monocentrique incluant 715 transferts uniques de blastocystes euploïdes congelés (≥3BB) réalisés en CNM chez des patientes ovulatoires régulières entre janvier 2018 et décembre 2024. Les patientes avec IMC ≥25 (n=155) ont été comparées aux patientes avec IMC <25 (n=560). Les critères analysés étaient les taux d’annulation, de grossesse, de fausse couche, de naissance vivante, de prééclampsie sévère, de césarienne, de prématurité <37 SA, le poids de naissance, ainsi que les taux de naissance vivante et de naissance vivante à terme par cycle débuté. Les comparaisons ont été réalisées par test du χ² et test t de Student, avec p<0,05.
Résultats
Les taux d’annulation du TEC étaient comparables entre les patientes avec IMC ≥25 et celles avec IMC <25 (8,1 % vs 8,7 % ; p=0,81), sans différence significative concernant les motifs d’annulation. Les résultats reproductifs étaient similaires dans les deux groupes. Les taux de grossesse ne différaient pas significativement (66,4 % vs 65,4 % ; p=0,5), de même que les taux de fausse couche (15 % vs 15 % ; p=0,87) et de naissance vivante par transfert (45 % vs 47 % ; p=0,70). Les complications obstétricales étaient numériquement plus fréquentes chez les patientes avec IMC ≥25, sans atteindre la significativité statistique pour la prééclampsie sévère (5,6 % vs 3,5 % ; p=0,49) ni pour la prématurité avant 37 SA (16,9 % vs 13,4 % ; p=0,059). La majorité des accouchements du groupe IMC ≥25 survenaient néanmoins à terme (83,1 %). Le taux de césarienne était significativement plus élevé chez les patientes avec IMC ≥25 (60,6 % vs 44 % ; p=0,008). Le poids de naissance moyen était légèrement mais significativement inférieur dans ce groupe (3172±597 g vs 3235±538 g ; p=0,047), tout en restant dans les limites habituelles de la normalité. Après ajustement par cycle débuté, aucune différence significative n’était observée pour le taux de naissance vivante (41 % vs 43 % ; p=0,76) ni pour le taux de naissance vivante à terme (38 % vs 41 % ; p=0,56).
Conclusion des auteurs
Chez les patientes ovulatoires avec IMC ≥25, le TEC en cycle naturel modifié permet d’obtenir des résultats reproductifs comparables à ceux observés chez les patientes avec IMC <25, y compris après prise en compte des cycles annulés. Malgré une augmentation du taux de césarienne et une tendance à davantage de prématurité, cette stratégie apparaît pertinente, sous réserve d’une information adaptée et d’un suivi obstétrical renforcé.