Accueil › Dossiers › FFER 2026
Impact de l'AMH sur le développement et la qualité embryonnaire en FIV/ICSI
Selmi Ranine — Avenue Ibn El Jazzar,4000 Sousse,Tunisie Service de biologie de la reproduction, Hôpital Farhat Hached, Sousse, Tunisie
Ce qu'il faut retenir
Une AMH basse prédit bien le nombre d'ovocytes recueillis, mais n'altère pas la qualité des embryons obtenus : c'est un marqueur de quantité, pas de compétence.
Contexte
L'hormone antimüllérienne s'est imposée comme le marqueur de référence de la réserve ovarienne. La question, récurrente en consultation, est de savoir si un taux bas annonce aussi des embryons de moins bonne qualité, ce qui changerait le discours tenu aux patientes.
Ce qui a été fait
Étude rétrospective au service de biologie de la reproduction du CHU Farhat Hached de Sousse, sur 118 cycles de FIV ou d'ICSI entre janvier 2024 et juin 2026, chez des femmes de 40 ans au plus ayant des cycles réguliers, en excluant l'endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques. Deux groupes : AMH inférieure à 1 ng/mL (35 cycles) et AMH supérieure ou égale à 1 ng/mL (83 cycles).
Résultats
Âge moyen 35 ans, AMH moyenne 1,95 ng/mL, 4,4 ovocytes recueillis en moyenne. Le groupe à AMH basse recueille moins d'ovocytes, comme attendu, et montre des taux de fécondation et de clivage inférieurs. En revanche, la proportion d'embryons de top qualité et le taux de blastulation ne diffèrent pas significativement.
Limites
118 cycles avec un rendement ovocytaire globalement faible, un taux de blastulation à 8,9 % qui reste bas, et un recrutement monocentrique. La distinction entre effet de l'AMH et effet de l'âge est difficile à tenir sur cet effectif.
Portée pratique
Utile en consultation : une AMH basse justifie d'anticiper une réponse pauvre et d'ajuster le protocole, elle ne justifie pas d'annoncer des embryons de moins bonne qualité. Le message tient en une phrase, la réserve ovarienne mesure une quantité disponible, pas un potentiel.