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FIV classique ou ICSI sans facteur masculin sévère : le partage des ovocytes tranche

Analyse rédigée2026ESHRE 2026Embryologie et laboratoireÉmirats arabes unisFrance

GONZALES R., SELIM S., FATEMI H., NOGUEIRA D. — ART Fertility Clinics IVF Laboratory Abu Dhabi United Arab Emirates

Ce qu'il faut retenir

En répartissant les ovocytes d'une même patiente entre les deux techniques, sur 29 962 ovocytes et 2 811 cycles, l'ICSI l'emporte dans 45 % des cycles et la FIV classique dans 42 %. Aucune ne domine réellement.

En clair. En partageant les ovocytes d'une même patiente entre les deux techniques, on compare enfin FIV classique et ICSI sans biais.

Contexte

L'ICSI a été conçue pour l'infertilité masculine sévère, mais elle s'est étendue à la plupart des indications, jusqu’à représenter les deux tiers des cycles dans de nombreux pays. Comparer les deux techniques sur des patientes différentes ne règle rien, puisque le choix n'est jamais fait au hasard. Partager les ovocytes d'une même femme entre les deux techniques élimine cette objection.

Ce qui a été fait

Étude de cohorte rétrospective portant sur 29 962 ovocytes issus de 2 811 cycles avec test génétique des embryons, réalisés entre 2017 et 2025, dans lesquels les ovocytes d'une même ponction étaient répartis entre FIV classique et ICSI selon un partage 40/60. Les résultats étaient évalués au premier jour, avec des analyses contrefactuelles au niveau du cycle et de l'embryon.

Résultats

L'ICSI fait mieux que la FIV classique dans 45,1 % des cycles, l'inverse dans 42,4 %, avec égalité dans 12,5 %. Le taux de fécondation normale est légèrement supérieur en ICSI, 76,0 % contre 74,0 %, mais au prix d'une dégénérescence ovocytaire plus fréquente. L'échec total de fécondation ne survient que dans 0,9 % des cycles.

Limites

Étude rétrospective monocentrique, reposant en partie sur une estimation par modèle pour les analyses contrefactuelles. Le partage 40/60 n'est pas équilibré, ce qui complique la comparaison directe.

Portée pratique

Le résultat va dans le même sens que ceux portant sur les naissances après transfert d'embryon euploïde : en l'absence de facteur masculin sévère, l'ICSI n'apporte pas le bénéfice qu’on lui prête. Elle ajoute une manipulation, un coût et un risque de dégénérescence ovocytaire. La crainte de l'échec total de fécondation, principal argument avancé, concerne moins d'un cycle sur cent.

Analyse rédigée par Les JTA à partir du résumé présenté à ESHRE 2026 (P-208). Le résumé original reste la propriété de ses auteurs.

Accéder au document source

Résumé n° P-208 du livret officiel du congrès, en accès libre : Human Reproduction, vol. 41, suppl. 1, 2026 (PDF, 42e réunion annuelle de l'ESHRE, Londres, 5-8 juillet 2026). Le texte intégral est en anglais et reste la propriété de l'ESHRE et de ses auteurs.

Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.

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