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Fertilité après leucémie : le rôle décisif de la greffe
ALTMANN J., EINSIEDEL N., PAPE J., WEIDLINGER S., KARRER T., BALCEREK, von WOLFF — Reproductive Medicine Bern Switzerland
Ce qu'il faut retenir
Le risque d'infertilité après traitement d'une leucémie atteint 68 % en cas de greffe de cellules souches, contre 13 % sans greffe. Les femmes sont plus vulnérables que les hommes à cet effet.
En clair. Après une leucémie, le risque d'infertilité dépend surtout du recours à une greffe de moelle : deux tiers des patients concernés contre un sur huit sans greffe.
Contexte
Les traitements des leucémies ont transformé le pronostic vital, et la question de l'après se pose désormais pour des milliers de patients jeunes. Mais le terme « traitement de leucémie » recouvre des réalités très différentes, de la chimiothérapie conventionnelle au conditionnement myéloablatif précédant une greffe.
Ce qui a été fait
Revue systématique et méta-analyse menée dans le cadre du projet FertiTOX, à partir des études publiées dans MEDLINE, Embase et la Cochrane Library entre janvier 2000 et juin 2024, évaluant la fertilité après traitement selon la modalité thérapeutique, le sexe et le sous-type de leucémie.
Résultats
La prévalence de l'infertilité est de 68 % après greffe de cellules souches hématopoïétiques, contre 13 % sans greffe. Les femmes présentent une vulnérabilité plus marquée à l'effet de la greffe, et le risque varie également selon le sous-type de leucémie.
Limites
Méta-analyse d'études hétérogènes, dont les définitions de l'infertilité et les durées de suivi varient. Les protocoles de conditionnement ont évolué sur la période, ce qui mélange des pratiques différentes.
Portée pratique
L'écart entre 13 % et 68 % change complètement le discours à tenir. Pour un patient qui ne recevra pas de greffe, l'infertilité est l'exception ; pour celui qui en recevra une, elle est la règle. Cela hiérarchise l'urgence de la préservation, et rejoint les données françaises montrant que la greffe est l'indication de huit congélations de tissu ovarien pédiatriques sur dix.