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Autoconservation ovocytaire : douze ans de données nationales canadiennes

Analyse rédigée2026ESHRE 2026Canada

SHAVIT, BUZAGLO K., DAHAN M.H. — McGill University MUHC Reproductive Centre Montreal Quebec Canada

Ce qu'il faut retenir

Sur 12 891 ponctions d'autoconservation réalisées au Canada entre 2013 et 2024, le volume annuel a été multiplié par plus de dix. Plus l'âge à la congélation augmente, plus le rendement, la survie au réchauffement et la fécondation diminuent.

En clair. Congeler ses ovocytes plus tard, c'est en obtenir moins, en perdre davantage au réchauffement et en féconder moins. L'âge reste le facteur décisif.

Contexte

L'autoconservation d'ovocytes sans indication médicale se développe rapidement partout, y compris en France depuis 2021. Les données publiées viennent surtout de centres privés, ce qui rend difficile de savoir ce que produit réellement la pratique à l'échelle d'un pays.

Ce qui a été fait

Étude de cohorte rétrospective en population, exploitant les données du registre national canadien pour évaluer tous les cycles d'autoconservation autologue réalisés entre janvier 2013 et décembre 2024, avec suivi longitudinal des cycles de réchauffement chaînés.

Résultats

12 891 ponctions ont été rapportées, avec un volume annuel multiplié par plus de dix sur la période. Malgré cette croissance, le recours effectif aux ovocytes conservés reste faible. L'âge à la congélation dégrade trois paramètres successifs : le nombre d'ovocytes obtenus, leur survie au réchauffement et leur taux de fécondation.

Limites

Les données de registre ne contiennent pas le détail des protocoles ni les motivations des patientes. Le recul est encore court pour les femmes ayant congelé récemment, qui n'ont pas eu le temps de revenir.

Portée pratique

Le cumul des trois pertes successives explique pourquoi l'âge compte tant dans cette indication : chaque étape retire une part du capital. C'est l'argument à donner à une femme qui hésite à trente-cinq ans et envisage d'attendre encore deux ans. Il rejoint les données françaises sur les premières utilisations depuis la loi de 2021.

Analyse rédigée par Les JTA à partir du résumé présenté à ESHRE 2026 (L26/O-035). Le résumé original reste la propriété de ses auteurs ; il figure dans Human Reproduction, vol. 41, suppl. 1.

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