Hormone de croissance et IGF1 folliculaires : lien avec la qualité de la cohorte ovocytaire
Ce qu'il faut retenir
Sur 59 cycles d'ICSI, les cohortes d'ovocytes de mauvaise qualité morphologique fécondent moins bien, 65,5 % contre 80 %, et se distinguent par leurs taux folliculaires d'hormone de croissance et d'IGF1.
En clair. Quand les ovocytes ont un aspect anormal, ils fécondent moins bien, et certaines hormones du liquide folliculaire en portent la trace.
De quoi il s'agit
Même démarche, restreinte à deux acteurs majeurs de la croissance cellulaire, l'hormone de croissance et l'IGF1. Les auteurs ont mesuré leurs taux dans le liquide folliculaire et les ont reliés à la qualité de l'ensemble des ovocytes recueillis. L'étude est pilote, mais la piste intéresse directement les protocoles utilisant l'hormone de croissance.
Contexte
La qualité de l'ovocyte conditionne tout le reste, mais on ne l'apprécie qu’au microscope, de façon subjective. Trouver un corrélat biologique dans le liquide folliculaire permettrait de comprendre ce que traduisent ces anomalies visibles, et éventuellement d'agir dessus.
Ce qui a été fait
Étude pilote prospective comparative menée au CHU d'Amiens de janvier 2013 à décembre 2017, sur 59 cycles d'ICSI répartis en deux groupes : 34 cycles où plus de la moitié des ovocytes présentaient au moins une anomalie morphologique, et 25 cycles où ce n'était pas le cas. Ont été dosés dans le liquide folliculaire l'hormone de croissance, l'IGF1, la vitamine D, la TSH, les hormones thyroïdiennes libres et les anticorps antithyroïdiens.
Résultats
Le taux de fécondation est significativement plus bas dans les cohortes anormales, 65,5 % contre 80 %. La proportion d'ovocytes présentant au moins une anomalie atteint 79,4 % dans le premier groupe contre 29,0 % dans le second. Les taux folliculaires d'hormone de croissance et d'IGF1 se révèlent associés à la qualité de la cohorte.
Limites
Étude pilote sur 59 cycles, effectif faible pour un dosage multiple. La définition d'une cohorte anormale, au-dessus de 50 % d'ovocytes atteints, est un seuil arbitraire.
Portée pratique
L'intérêt est double : comprendre ce que recouvre une anomalie morphologique, et identifier des cibles potentielles. L'hormone de croissance est déjà utilisée en supplémentation chez les faibles répondeuses, avec des résultats contestés ; savoir que ses taux folliculaires sont liés à la qualité de la cohorte donne un argument mécanistique à cette pratique, sans la valider pour autant.
Titre original : Follicular GH and IGF1 Levels Are Associated With Oocyte Cohort Quality : A Pilot Study
Accéder à l'étude
Texte intégral en accès libre : PMC8 672 194. Licence CC BY.
Analyse revue et mise à jour le 2 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.
