Accueil › Dossiers › ESHRE 2026
Insémination avec donneur chez les femmes seules et les couples de femmes : la stimulation est-elle utile ?
GONNOT J., CERVANTES C., BOURDON, MAIGNIEN C., MELKA L., DROUINEAUD V., CHALAS C., PATRAT C., CHAPRON C., SANTULLI HOPITAL COCHIN MEDECINE de la REPRODUCTION PARIS FRANCE P.
Ce qu'il faut retenir
Après appariement statistique, les taux de naissance sont comparables entre cycle naturel modifié et cycle stimulé. La stimulation ajoute des injections, des visites et un risque de grossesse multiple sans bénéfice démontré.
En clair. Chez les femmes seules et les couples de femmes, stimuler les ovaires avant une insémination avec donneur n'apporte pas plus de naissances qu’un cycle naturel.
Contexte
Depuis 2021, les femmes seules et les couples de femmes accèdent à l'insémination avec donneur en France, et la demande a explosé. Ces femmes n'ont le plus souvent aucun trouble de la fertilité : stimuler leurs ovaires revient à traiter une situation sans pathologie, ce qui pose la question du rapport bénéfice-risque.
Ce qui a été fait
Étude de cohorte observationnelle rétrospective dans un centre de référence français, incluant tous les cycles d'insémination avec sperme de donneur réalisés entre le 1er novembre 2021 et le 1er mars 2024. Les deux groupes ont été appariés statistiquement pour neutraliser les différences d'âge et de dose de gonadotrophines.
Résultats
Après appariement, l'âge des deux membres du couple, la dose totale de gonadotrophines et le type de stimulation ne différaient plus entre les groupes. Les performances de laboratoire étaient identiques, et les taux de naissance vivante comparables entre cycle naturel modifié et cycle stimulé.
Limites
Conception rétrospective, qui interdit toute interprétation causale. Malgré l'appariement sur l'âge, une confusion résiduelle subsiste. Les analyses cliniques portent sur moins de cycles que les analyses de laboratoire, ce qui invite à la prudence.
Portée pratique
Pour ces patientes, l'enjeu est concret : la stimulation impose des injections quotidiennes, des échographies et des prises de sang répétées, et expose au risque de grossesse gémellaire. Si elle n'apporte rien, le cycle naturel devient l'option de première intention, d'autant qu’il préserve aussi la ressource rare que sont les paillettes de donneur.
Accéder au document source
Résumé n° P-729 du livret officiel du congrès, en accès libre : Human Reproduction, vol. 41, suppl. 1, 2026 (PDF, 42e réunion annuelle de l'ESHRE, Londres, 5-8 juillet 2026). Le texte intégral est en anglais et reste la propriété de l'ESHRE et de ses auteurs.
Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.