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Profils et motivations des femmes recourant à l'autoconservation ovocytaire prise en charge en France

Analyse rédigée2026Préservation de la fertilitéJournal of Ovarian Research

Ce qu'il faut retenir

Sur 351 femmes recourant à l'autoconservation ovocytaire en France, 87 % ont 33 ans ou plus, 63 % sont célibataires et 95 % très diplômées. L'absence de partenaire est le motif principal dans la moitié des cas, et seules un tiers connaissent le cadre légal du don.

En clair. Les femmes qui congèlent leurs ovocytes en France l'apprennent plus souvent par leurs proches que par un médecin.

Contexte

La loi de bioéthique de 2021 a ouvert l'autoconservation ovocytaire sans indication médicale et l'a intégralement prise en charge, situation rare dans le monde. Quatre ans plus tard, on ne savait toujours pas qui recourt à ce droit ni pourquoi, ce qui empêche d'évaluer si le dispositif atteint les femmes qu’il visait.

Ce qui a été fait

Étude nationale multicentrique menée au sein du réseau français des CECOS par questionnaire en ligne anonyme, entre novembre 2023 et juin 2024, auprès des femmes ayant engagé ou achevé une démarche d'autoconservation. Trois cent cinquante et une réponses ont été recueillies, analysées notamment par analyse des correspondances multiples.

Résultats

87,2 % des femmes ont 33 ans ou plus, 62,9 % sont célibataires et 95,4 % ont fait des études supérieures. Le motif principal est l'absence de partenaire, pour 50,7 % d'entre elles. L'information vient d'abord des proches, 37,6 %, devant les professionnels de santé, 29,3 %, et les médias, 27,1 %. Concernant l'avenir, 68,5 % anticipent devoir utiliser leurs ovocytes, le projet familial envisagé étant majoritairement hétérosexuel, 82,9 %, mais 42,6 % envisagent aussi une maternité solo. En cas de non-utilisation, 65,8 % souhaiteraient donner leurs ovocytes, alors que 32,6 % seulement connaissent le cadre légal du don. L'analyse dégage deux profils distincts.

Limites

Enquête déclarative auprès de femmes déjà engagées dans la démarche : celles qui n'y ont jamais eu accès, faute d'information, échappent par construction à l'étude. Le taux de réponse au sein du réseau n'est pas indiqué.

Portée pratique

Deux chiffres décrivent un échec d'information publique. Les proches informent davantage que les médecins, et deux tiers des femmes ignorent le cadre légal du don alors qu’elles se déclarent prêtes à donner leurs ovocytes non utilisés. Il y a là un gisement de donneuses potentielles, dans un pays en pénurie, que personne n'a pensé à informer.

Titre original : Socio-demographic profiles, motivations and perspectives of women undergoing publicly funded elective fertility preservation : a nationwide multicenter study in France

Accéder à l'étude

Texte intégral en accès libre : PMC13459448 sur Europe PMC. Licence https://creativecommons.org/licenses/by-.

Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.

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