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Effet de l’augmentation de la posologie quotidienne de gonadotrophines de 300 ui a 450 ui après un échec de FIV chez les mauvaises répondeuses
CHARLES C. — CHU ANGERS rue Larrey ANGERS CHU Angers
Ce qu'il faut retenir
Chez les patientes mauvaises répondeuses, la majoration des posologies de gonadotrophines à 450UI par jour améliore significativement le rendement ovocytaire et les chances de transfert. L’ajout d’une molécule à activité LH lors de la 2ème SOC semble également améliorer le rendement ovocytaire.
En clair. Chez les femmes qui répondent mal, augmenter la dose d'hormones à 450 UI améliore réellement le nombre d'ovocytes.
De quoi il s'agit
Quand une femme répond mal à la stimulation, augmenter la dose sert-il à quelque chose ? Les auteurs ont retrouvé, au CHU d'Angers, 169 patientes ayant reçu successivement 300 puis 450 unités par jour, ce qui permet de comparer chaque femme à elle-même. L'âge médian était de 35 ans et l'AMH de 1 ng/mL. Le passage à 450 unités augmente réellement le nombre d'ovocytes obtenus.
Ce que les auteurs voulaient savoir
Les patientes présentant une faible réponse ovarienne représentent un défi majeur en assistance médicale à la procréation (AMP), en raison de faibles chances de grossesse et d’une absence de standardisation de leur prise en charge. L’augmentation des doses de gonadotrophines est couramment utilisée pour améliorer le recrutement folliculaire mais son bénéfice demeure incertain.
Comment ils ont procédé
Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique entre 2015 et 2025 au CHU d’Angers. Les critères d’éligibilité étaient : patientes âgées de 18 à 43 ans prises en charge en FIV ou FIV-ICSI, présentant une mauvaise réponse ovarienne selon les critères de Bologne, et ayant bénéficié d’un second cycle de stimulation ovarienne contrôlée (SOC) à 450 UI après l’échec d’un premier cycle à 300 UI. Un modèle de régression mixte incluant un effet aléatoire patient a été utilisé pour tenir compte de la corrélation entre les cycles chez une même patiente.
Ce qu'ils ont observé
169 patientes ayant bénéficié des deux cycles de stimulation ont été incluses. L’âge médian était de 35 ans et le taux médian d’AMH de 1,00 ng/mL. Le cycle de stimulation à 450 UI était associé à un nombre significativement plus élevé d’ovocytes matures (4 [1–7] vs 3 [0–4] ; p < 0,001), un taux de transfert embryonnaire supérieur (62 % vs 49 % ; p = 0,044) et un taux d’annulation de cycle réduit (10 % vs 18 %). Après ajustement sur l’âge, l’IMC et la réserve ovarienne, la SOC à 450 UI était associée à une augmentation de 51 % du nombre d’ovocytes matures obtenus à la ponction (IRR = 1,51 ; IC95 % [1,22–1,87] ; p < 0,001). Cet effet semblait plus marqué en cas d’ajout d’une molécule à activité LH (IRR = 1,61) ou de simple majoration de la posologie de la gonadotrophine initiale (IRR = 2,16). Aucune différence significative n’a été observée concernant le taux de ponctions blanches.
Ce qu'ils en concluent
Chez les patientes mauvaises répondeuses, la majoration des posologies de gonadotrophines à 450UI par jour améliore significativement le rendement ovocytaire et les chances de transfert. L’ajout d’une molécule à activité LH lors de la 2ème SOC semble également améliorer le rendement ovocytaire. Des études complémentaires sont nécessaires afin d’évaluer l’impact de cette stratégie sur le taux de naissances vivantes.