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Vingt ans de préservation de la fertilité chez les jeunes femmes atteintes de cancer
SHARON-WEINER, KAUFFMAN A., YEE S., GOOD H., GLASS K. — CReATe Fertility Center- Toronto- Canada University of Toronto Toronto Canada
Ce qu'il faut retenir
Sur 998 patientes reçues en consultation d'oncofertilité, la majorité a engagé une préservation active. Un peu moins d'une sur quatre est revenue pour tenter une grossesse, et 76,6 % de celles qui ont essayé ont conçu après leur traitement.
En clair. La plupart des jeunes femmes traitées pour un cancer conservent leur fertilité, et près de huit sur dix de celles qui essaient ensuite ont un enfant.
Contexte
Quand on propose à une jeune femme de congeler ses ovocytes avant une chimiothérapie, on lui demande de décider en urgence, dans les jours qui suivent l'annonce d'un cancer, pour un projet dont elle ne sait pas si elle en aura besoin. La question qu’elle pose invariablement — combien reviennent, et combien y arrivent — était jusqu’ici sans réponse fondée sur un recul suffisant.
Ce qui a été fait
Étude de cohorte rétrospective portant sur les dossiers de 998 patientes d'oncologie adressées en consultation de préservation de fertilité dans un centre universitaire canadien, de 2004 à 2024. Les auteurs distinguent les démarches actives — FIV avec congélation d'ovocytes ou d'embryons, éventuellement associée à un test génétique, et congélation de tissu ovarien — de la démarche dite passive, la protection ovarienne par agoniste de la GnRH pendant la chimiothérapie. Les patientes sont revues tous les un à deux ans après le diagnostic jusqu’à ce qu’elles cherchent à concevoir.
Résultats
Après la consultation, la majorité des jeunes femmes ont opté pour une préservation active plutôt que pour la seule protection médicamenteuse. Sur vingt ans, 23,1 % sont revenues au centre pour tenter une grossesse. Parmi celles qui ont essayé de concevoir après leur traitement, 76,6 % y sont parvenues.
Limites
Étude rétrospective monocentrique, portant sur les patientes d'un centre universitaire canadien, qui ne reflètent pas nécessairement la population générale des femmes atteintes de cancer. Le taux de retour dépend de l'âge au diagnostic, du type de cancer et du recul disponible : les patientes incluses récemment n'ont pas encore eu le temps de revenir.
Portée pratique
Deux chiffres à donner en consultation, et ils vont dans des directions opposées. La majorité des femmes ne réutilise jamais ce qu’elle a conservé, ce qui doit être dit sans détour pour éviter que la préservation ne soit vécue comme une obligation. Mais trois sur quatre de celles qui essaient y parviennent, souvent naturellement : c'est un message d'espoir concret, qui rejoint ce que montrent les données françaises sur le cancer du sein.
Accéder au document source
Résumé n° O-027 du livret officiel du congrès, en accès libre : Human Reproduction, vol. 40, suppl. 1, 2025 (PDF, 41e réunion annuelle de l'ESHRE, Paris, 29 juin - 2 juillet 2025). Le texte intégral est en anglais et reste la propriété de l'ESHRE et de ses auteurs.
Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.