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Insuffisance ovarienne débutante : prévalence des étiologies identifiées et résultats en stimulation ovarienne contrôlée au CHU de brest
Delange Mathilde — 2 avenue Foch 29200 Brest CHU Brest - Service de Médecine de la Reproduction et Gynécologie Obstétrique
Ce qu'il faut retenir
Les anomalies génétiques étaient peu fréquentes, ce qui conforte l'intérêt d'un bilan étiologique ciblé. Malgré une diminution de la réserve ovarienne, les résultats obtenus en AMP restent encourageants, et une grossesse spontanée est observée chez une proportion non négligeable de patientes.
Objectif
L’insuffisance ovarienne débutante (IOD) est définie par une diminution de l’hormone anti-müllérienne (AMH) et/ou du compte des follicules antraux (CFA), avec persistance des cycles menstruels. Les données concernant les étiologies et l’impact sur la fertilité sont limitées. Ce travail a pour objectif d’évaluer la prévalence des étiologies chez des patientes présentant une IOD et les résultats en assistance médicale à la procréation (AMP) ainsi qu'en fertilité spontanée.
Méthode
Étude rétrospective monocentrique réalisée au CHU de Brest entre janvier 2016 et janvier 2026. Ont été incluses des patientes âgées de 16 à 35 ans présentant une IOD définie par des seuils AMH/CFA ajustés par tranches d'âge : AMH < 1,5 ng/mL et/ou CFA < 12 (16–25 ans) ; AMH < 1,1 ng/mL et/ou CFA < 7 (26–30 ans) ; AMH < 0,5 ng/mL et/ou CFA < 5 (31–35 ans). Les patientes présentant une insuffisance ovarienne prématurée confirmée, un antécédent de chirurgie ovarienne, un endométriome, un antécédent de kystectomie, de gonadotoxicité ou sous contraception oestro-progestative au moment du bilan étaient exclues.
Résultats
204 patientes ont été incluses (âge moyen 30 ± 3,9 ans). L’AMH médiane était de 0,70 ng/mL et le CFA médian de 7. Deux tiers des patientes présentaient des cycles réguliers entre 26 et 35 jours (67,5%). Près de la moitié des patientes avaient déjà eu une grossesse au cours de leur vie (48,3 %). Une prémutation FMR1 était retrouvée chez 5,0 % des patientes explorées (4/80), une anomalie chromosomique chez 2,1 % (2/95) et des anticorps anti-TPO positifs chez 23,1 % (9/39). Aucun anticorps anti-21-hydroxylase n’était détecté (0/24). Parmi les 180 patientes ayant bénéficié d’une stimulation multifolliculaire, le taux d’abandon de cycle était de 15,1 %, celui de ponction blanche de 8,2 %. Le nombre médian d’ovocytes recueillis par stimulation était de 6 et le nombre d'embryons moyen obtenus toute stimulation confondue et tout stade confondu était de 3,3. En FIV/ICSI, le taux moyen de fécondation était de 80,5 % et le taux de naissance vivante de 51,7 %. Une grossesse spontanée est survenue chez 51,9 % des patientes au cours ou après le parcours d’AMP. Le recours au don d’ovocytes concernait 11,1 % des patientes.
Conclusion des auteurs
Les anomalies génétiques étaient peu fréquentes, ce qui conforte l'intérêt d'un bilan étiologique ciblé. Malgré une diminution de la réserve ovarienne, les résultats obtenus en AMP restent encourageants, et une grossesse spontanée est observée chez une proportion non négligeable de patientes. Ces données suggèrent que l'IOD ne compromet pas systématiquement les perspectives de grossesse.