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OncoSperm : ce qui abîme le sperme, le cancer ou son traitement ?
STEINMANN, VOGT, CAMPANA B., RAHBAN R., SENN A., NEFF S., JAKSIC C., TEGLAS G., KOHL SCHWARTZ A. — Lucerne Switzerland
Ce qu'il faut retenir
Sur 3 244 hommes, la qualité du sperme est déjà réduite avant tout traitement, surtout dans le cancer du testicule. Mais après ajustement, c'est le traitement, non le cancer en lui-même, qui provoque la chute.
En clair. Le sperme est déjà altéré avant le traitement du cancer, surtout pour le testicule ; c'est ensuite la chimiothérapie ou la radiothérapie qui aggrave la situation.
Contexte
On sait que les hommes atteints de cancer ont un sperme de moins bonne qualité, mais on ignore la part respective de la maladie et de son traitement. La réponse compte pour le conseil donné au moment du diagnostic, et pour le pronostic annoncé après guérison.
Ce qui a été fait
Étude cas-témoins suisse comparant les échantillons de 373 patients atteints de cancer, recueillis entre 2005 et 2024 dans un hôpital public, à ceux de 2 871 hommes en bonne santé issus d'une cohorte de référence. Les patients se répartissaient en 184 cancers du testicule, 122 hémopathies malignes et 67 autres tumeurs solides.
Résultats
Avant tout traitement, la qualité du sperme des patients est réduite par rapport à la population de référence sur le volume, la concentration et les autres paramètres, l'atteinte étant la plus marquée dans le cancer du testicule. Après ajustement sur les facteurs de confusion, le cancer en lui-même n'apparaît pas déterminant ; c'est après traitement que survient la chute, dans les tumeurs solides comme dans les hémopathies.
Limites
Les auteurs signalent une différence méthodologique importante : l'analyse était automatisée chez les témoins et manuelle chez les patients, ce qui peut créer un écart artificiel. La conception rétrospective et les données post-traitement disponibles pour une partie seulement des patients limitent les conclusions.
Portée pratique
Le résultat nuance les travaux français montrant une altération préexistante chez 4 480 patients : l'altération est bien constatée, mais l'ajustement suggère qu’elle tient à d'autres facteurs qu’au cancer lui-même. Dans les deux cas, la conclusion pratique est identique : conserver avant la première cure, sans attendre.
Accéder au document source
Résumé n° P-400 du livret officiel du congrès, en accès libre : Human Reproduction, vol. 41, suppl. 1, 2026 (PDF, 42e réunion annuelle de l'ESHRE, Londres, 5-8 juillet 2026). Le texte intégral est en anglais et reste la propriété de l'ESHRE et de ses auteurs.
Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.