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FIV et syndrome VACTERL : évaluation sur 1,3 million de naissances
STONE S., FORESTIERI N., BAKER V., EISENBERG, BELVA F. — Y. Lu, C. Williams, A. Sutcliffe, P. Lupo, B. Luke
Ce qu'il faut retenir
Les enfants conçus par FIV ont 2,6 fois plus de risque de présenter un syndrome VACTERL que les enfants conçus naturellement. Le risque reste très faible en valeur absolue, puisque cette association de malformations touche environ une naissance sur 10 000 dans la population générale.
Contexte
Le sigle VACTERL désigne l'association, chez un même enfant, d'au moins trois malformations parmi des anomalies des vertèbres, de l'anus, du cœur, de la trachée, de l’œsophage, des reins et des membres. Sa cause reste inconnue et sa rareté rend son étude difficile : seules des bases de données de très grande taille permettent de savoir si une exposition particulière, comme la FIV, en augmente la fréquence.
Ce qui a été fait
Étude en population sur les naissances vivantes de quatre États américains — Massachusetts, New York, Caroline du Nord et Texas — entre 2004 et 2018, soit environ 1,3 million d'enfants. Les registres de naissance et de malformations congénitales ont été croisés avec les cycles de FIV déclarés au registre national américain SART CORS. Les auteurs ont également comparé, au sein des enfants conçus par FIV, ceux issus d'un transfert au stade clivé (10 353) et ceux issus d'un transfert au stade blastocyste (28 237).
Résultats
Le risque de syndrome VACTERL est plus de deux fois supérieur après FIV, avec un odds ratio de 2,57 et un intervalle de confiance à 95 % de 1,93 à 3,39, ce qui exclut le hasard. En revanche, à l'intérieur du groupe FIV, le stade auquel l'embryon a été transféré ne change rien : les enfants issus d'un transfert au stade blastocyste n'ont pas plus de malformations majeures que ceux issus d'un transfert au stade clivé.
Limites
Seules les naissances vivantes sont analysées : les fausses couches, les interruptions de grossesse et les enfants mort-nés échappent au recensement, ce qui sous-estime probablement la fréquence réelle des malformations. Les transferts d'embryons congelés n'ont pas pu être étudiés faute d'effectifs suffisants. Enfin, une étude observationnelle ne permet pas de distinguer ce qui revient à la technique elle-même et ce qui revient à l'infertilité du couple, qui est en soi un facteur de risque.
Portée pratique
Deux messages distincts. Pour le couple, le surrisque existe mais reste modeste en valeur absolue et ne remet pas en cause l'indication d'une FIV ; il mérite d'être mentionné honnêtement plutôt que tu. Pour les équipes, le résultat rassure sur un point débattu depuis quinze ans : prolonger la culture jusqu’au stade blastocyste, pratique recommandée par l'ESHRE et l'ASRM pour permettre le transfert d'un seul embryon, n'augmente pas le risque de malformation.
Accéder au document source
Résumé n° O-308 du livret officiel du congrès, en accès libre : Human Reproduction, vol. 40, suppl. 1, 2025 (PDF, 41e réunion annuelle de l'ESHRE, Paris, 29 juin - 2 juillet 2025). Le texte intégral est en anglais et reste la propriété de l'ESHRE et de ses auteurs.
Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.