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Grossesse après cancer du sein hormonodépendant : la sécurité confirmée
ARECCO L., BLONDEAUX E., MARIAMIDZE E., BEGIJANASHVILI S. — E. Sokolovic, G. Scavone, S. Ottonello, I. Vaz-Luis, C. Sàura
Ce qu'il faut retenir
Sur huit études réunissant 3 805 femmes traitées pour un cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs, mener une grossesse après le traitement n'aggrave pas le pronostic.
En clair. Réponse à une question angoissante pour beaucoup de jeunes femmes : la grossesse ne réveille pas la maladie.
Contexte
C'est la question la plus angoissante posée par les jeunes femmes guéries d'un cancer du sein. Leur tumeur était sensible aux hormones, et la grossesse s'accompagne d'une imprégnation œstrogénique massive : beaucoup d'équipes ont longtemps déconseillé toute grossesse, ou imposé de longs délais, sans que ces recommandations reposent sur des données solides.
Ce qui a été fait
Revue systématique et méta-analyse conduite selon la méthode PRISMA, à partir d'une recherche dans Medline, Embase et la Cochrane Library sans restriction de langue ni de date, jusqu’au 1er janvier 2023. Ont été retenues les études cas-témoins, les cohortes et les essais prospectifs comparant la survie de femmes non ménopausées ayant eu ou non une grossesse après le diagnostic et le traitement d'un cancer du sein hormonodépendant. Huit études, totalisant 3 805 patientes dont 1 285 ayant eu une grossesse, ont été incluses.
Résultats
La grossesse survenue après traitement n'a pas d'effet défavorable sur le pronostic des patientes. Le résultat vaut spécifiquement pour les cancers à récepteurs hormonaux positifs, c'est-à-dire précisément la situation où l'inquiétude était la plus vive.
Limites
Une méta-analyse n'est jamais meilleure que les études qu’elle agrège, et celles-ci sont majoritairement observationnelles. Le biais de la patiente en bonne santé, qui veut que les femmes en meilleur état général soient aussi celles qui envisagent une grossesse, ne peut jamais être totalement écarté dans ce type de données.
Portée pratique
C'est l'argument à donner en consultation d'oncofertilité, et il change concrètement la vie de ces patientes : le projet de grossesse n'est plus à mettre en balance avec un risque de récidive. Reste la question du moment, notamment de l'interruption temporaire de l'hormonothérapie, qui relève d'une discussion avec l'oncologue et fait l'objet d'essais dédiés.
Accéder au document source
Résumé n° O-277 du livret officiel du congrès, en accès libre : Human Reproduction, vol. 38, suppl. 1, 2023 (PDF, 39e réunion annuelle de l'ESHRE, Copenhague, 25-28 juin 2023). Le texte intégral est en anglais et reste la propriété de l'ESHRE et de ses auteurs.
Analyse revue et mise à jour le 1 octobre 2026 par la rédaction des JTA. Comment ces pages sont faites.