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Hysteroscopie, culture, cd138 : trois regards complémentaires sur l'endometrite chronique

2026FFER 2026CliniqueFrance

ROSSANA C. — Centre AMP NatiFiv Hôpital de Meaux Bat Rdc - rue Saint Fiacre Meaux Médecine de la reproduction Centre NatiFiv / GHEF Meaux

Ce qu'il faut retenir

Hystéroscopie, culture bactérienne et CD138 apportent des informations complémentaires plutôt que redondantes sur l'endomètre. Leur faible concordance suggère qu'aucun test isolé n'en appréhende toute la complexité : les signes inflammatoires hystéroscopiques et la culture convergent vers un versant bactérien/inflammatoire, distinct de l'infiltrat plasmocytaire CD138 qui définit l'EC.

En clair. Trois examens de l'endomètre donnent des réponses différentes : aucun ne suffit à lui seul pour diagnostiquer une inflammation chronique.

De quoi il s'agit

Trois examens prétendent diagnostiquer l'inflammation chronique de l'endomètre : l'hystéroscopie, la culture bactérienne et le marquage CD138. Disent-ils la même chose ? Les auteurs ont comparé leurs résultats sur 123 biopsies réalisées après échecs d'implantation ou fausses couches répétées. Les trois examens se recoupent mal, la culture positive n'étant pas corrélée au marquage de référence : aucun ne suffit seul.

Ce que les auteurs voulaient savoir

L’endométrite chronique (EC), définie par la présence de plasmocytes CD138⁺ dans l’endomètre, est associée à l’échec d’implantation et aux fausses couches répétées. Hystéroscopie, CD138 et culture bactérienne endométriale sont utilisés pour la diagnostiquer, mais leur concordance, et la valeur de la culture au regard du CD138, reste incertaine.

Comment ils ont procédé

Étude rétrospective monocentrique : 123 biopsies d’endomètre réalisées pour bilan d’échec d’implantation (n=78) ou de fausses couches répétées (n=45) ; âge médian 35 ans, IMC médian 27. Chaque biopsie : immunohistochimie CD138, culture bactérienne et, si réalisée, hystéroscopie. Le CD138 a servi de référence (positivité telle que rendue ; sensibilité au seuil ≥5/10 HPF). Concordance par kappa de Cohen, performances par Se/Sp/VPP/VPN, associations par odds ratio et test exact de Fisher. Effectifs évaluables variables selon l’examen (CD138 n=116, culture n=123, hystéroscopie n=104).

Ce qu'ils ont observé

La prévalence de l’EC (CD138⁺) était de 58 % (36 % au seuil strict ≥5/10 HPF). La culture était positive dans 55 % des cas, à prédominance de lactobacilles. La culture à pathogène n’était pas corrélée au CD138 : 24 % chez les EC⁺ versus 22 % chez les EC⁻ (κ = 0,01 ; p = 1,0 ; Se 24 %, Sp 78 %), résultat inchangé au seuil strict. À l’hystéroscopie, les signes inflammatoires spécifiques (œdème stromal et/ou aspect strawberry/hyperhémie) étaient fortement associés à une culture pathogène (62 % vs 14 % ; OR 9,0 ; p = 0,0005) mais non au CD138 (OR 1,05 ; p = 1,0), ni à la culture non pathogène : le versant inflammatoire de l’hystéroscopie suivait l’axe bactériologique, non l’axe immunitaire. Les trois examens n’étaient simultanément concordants que dans 36 % des cas.

Ce qu'ils en concluent

Hystéroscopie, culture bactérienne et CD138 apportent des informations complémentaires plutôt que redondantes sur l'endomètre. Leur faible concordance suggère qu'aucun test isolé n'en appréhende toute la complexité : les signes inflammatoires hystéroscopiques et la culture convergent vers un versant bactérien/inflammatoire, distinct de l'infiltrat plasmocytaire CD138 qui définit l'EC. La place de la culture dans la stratégie diagnostique reste à préciser par des études prospectives.

Poster présenté aux journées de la FFER 2026 (FFER-0053-2026). Résumé rédigé par ses auteurs, présenté ici sous forme structurée. Programme et livret du congrès : ffer-montpellier2026.fr.

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