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Comparaison du gradient de densité et du lavage simple en insémination avec spermatozoïdes de donneur (IAD)
MILLIARD LUCAS CECOS — CHU Dupuytren, Hôpital de la Femme, de la Mère et de l’Enfant, Limoges, France. Centre d’AMP – CECOS Nouvelle-Aquitaine Limoges
Ce qu'il faut retenir
Sans impact négatif sur les taux de grossesses évolutives, le lavage simple a permis une meilleure prédictibilité et reproductibilité du nombre de spermatozoïdes inséminés, associé à un coût diminué. Les limites de ce travail sont la faible puissance de l’effectif, l’absence de randomisation des patientes, le caractère monocentrique et l’origine diverse des paillettes de spermatozoïdes.
Objectif
L’optimisation de l’activité d’IAD, en particulier les méthodes d’attribution et de préparation des paillettes est un enjeu majeur pour les centres de don de gamètes. Ce travail est une analyse rétrospective comparant les résultats des préparations obtenues au CECOS de Limoges depuis 2023, successivement par gradient de densité puis par lavage simple, ainsi que l’impact médico-économique de ces techniques sur la délivrance de paillettes.
Méthode
Analyse rétrospective monocentrique de 212 IAD réalisées au CECOS de Limoges par gradient de densité en 2023 à 2024 (63 tentatives) puis par lavage simple de 2024 à 2026 (149 tentatives). Les paillettes provenaient de stocks initialement congelés dans deux CECOS (NA-Limoges et Clermont-Auvergne). L’objectif au moment des attributions de paillettes était l’obtention d’un NSMI ≥ 1 M/0,3 ml et une économie de paillettes délivrées. Le critère de jugement principal était les taux de grossesses évolutives, les critères de jugement secondaires étaient le nombre de paillettes distribuées, le NSMI, les taux de fausses couches. Une analyse médico-économique a également été réalisée pour comparer les coûts des deux méthodes.
Résultats
L’âge moyen des receveuses était de 25,9 ans et l’IMC de 34,2 kg/m2. Notre cohorte était constitué d’environ 55% de couples de femmes, 35% de femmes non mariées et 10% de couples hétérosexuels. Aucune différence significative n’a été retrouvé entre les deux méthodes sur les taux de grossesses évolutives (13,4% en lavage simple vs. 12,7% en gradient de densité ; p = 0,887) et sur les taux de fausses couches (3,4% en lavage simple vs. 4,8% en gradient de densité ; p = 0,697). Le lavage simple a été associé à une diminution significative du nombre de paillettes attribuées par tentative (2,2 paillettes en lavage simple vs. 2,7 paillettes en gradient de densité ; p < 0,001) ainsi qu’à un NSMI supérieur (3,31 M/0,3ml en lavage simple vs. 1,50 M/0,3ml en gradient de densité ; p < 0,001). La diminution du nombre moyen de paillettes délivrées a permis l’économie d’une délivrance toutes les 5 IAD. Le lavage simple a également permis d’obtenir une meilleure reproductibilité des tentatives, en obtenant un NSMI ≥ 1 M/0,3ml dans 92% tentatives en lavage simple vs. 71% tentatives en gradient de densité (p < 0,001). Concernant l’analyse médico-économique, le lavage simple est associé à une diminution à la fois du temps de technique (7 minutes vs. 13 minutes) et du coût en matériel (6,02 € HT vs. 6,75 € HT). Une analyse globale TDABC (Time-Driven Activity-Based Costing) englobant également le coût opérateur retrouvait un coût d’IAD par lavage simple de 7,84 € HT contre 10,13 € HT par gradient
Conclusion des auteurs
Sans impact négatif sur les taux de grossesses évolutives, le lavage simple a permis une meilleure prédictibilité et reproductibilité du nombre de spermatozoïdes inséminés, associé à un coût diminué. Les limites de ce travail sont la faible puissance de l’effectif, l’absence de randomisation des patientes, le caractère monocentrique et l’origine diverse des paillettes de spermatozoïdes. Une étude de plus grande échelle, prospective et multicentrique est nécessaire pour confirmer ces résultats. CATEGORIE CLINIQUE