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Syndrome des ovaires polykystiques : impact sur le transcriptome des cellules du cumulus oophorus et efficacité de la maturation in vitro rescue
Cabaud Nina — CHU Clermont-Ferrand 1 rue Lucie et Raymond Aubrac 63100 Clermont-Ferrand
Ce qu'il faut retenir
Ainsi cette étude met en évidence une signature transcriptomique spécifique des cellules du cumulus chez les patientes atteintes de SOPK, notamment au niveau de voies impliquées dans la régulation du cholestérol et de la folliculogenèse. Malgré ces différences moléculaires, les ovocytes immatures issus de ces patientes conservent une capacité de maturation in vitro suggérant que la MIV rescue pourrait constituer une approche pertinente pour optimiser la prise en charge en AMP de ces femmes.
Objectif
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), principale cause d’infertilité féminine, est associé à une altération de la folliculogénèse. Néanmoins, sa physiopathologie reste partiellement incomprise. Par ailleurs, les patientes atteintes de SOPK présentent un taux d’immaturité ovocytaire élevé après stimulation ovarienne. Cette étude vise à identifier les signatures moléculaires liées au SOPK dans les cellules du cumulus oophorus (CCs), et à évaluer l’efficacité de la MIVr chez ces patientes.
Méthode
Dans cette étude, 27 patientes atteintes de SOPK et 60 femmes saines (donneuses d’ovocytes et femmes réalisant une préservation de la fertilité non médicale) prises en charge dans le service d’AMP-CECOS ont été incluses entre 2020 et 2026. Les CCs et ovocytes immatures de ces femmes ont été collectés. Une analyse transcriptomique des CCs de 10 patientes SOPK et de 10 femmes saines a été réalisée par RNAseq (NextSeq 1000, Illumina). La MIVr des ovocytes a été réalisée dans du milieu IVM (Cooper Surgical), 10% HSA (Vitrolife) et 0.75 UI FSH/LH (Menopur, Ferring) avec un suivi time lapse (Geri). La qualité des ovocytes a été évaluée par l’analyse de la cinétique de maturation et la configuration des fuseaux méiotiques en microscopie confocale.
Résultats
Une différence marginale au niveau de l’âge (30,8 vs 32,3 ans) et de l’IMC (26,6 vs 23,9 kg/m2) est observée entre le groupe SOPK et le groupe contrôle. Concernant les marqueurs de la réserve ovarienne, il est mis en évidence une augmentation significative de l’AMH sérique (6,9 vs 3,3 ng/mL) et du compte des follicules antraux (48 vs 24) dans le groupe SOPK. Afin d’optimiser la comparabilité des groupes pour l’analyse RNAseq, un appariement des patientes SOPK avec les femmes du groupe contrôle a été réalisé selon l’âge, l’IMC et le protocole de stimulation. Les résultats de l’analyse transcriptomique ont permis de montrer 59 ARNm différentiellement exprimés (20 surexprimés et 39 sous-exprimés) dans les CCs de patientes atteintes de SOPK comparé aux femmes saines. L’un des gènes les plus sous-exprimés chez les patientes SOPK par rapport aux femmes saines code pour l’enzyme CYP51A1, qui intervient dans la voie de biosynthèse du cholestérol. Son produit de formation, le FF-MAS, est impliqué dans la maturation ovocytaire. L’analyse d’enrichissement de l’ensemble des gènes (GSEA) a mis en évidence 10 groupes de gènes significativement enrichis ou appauvris dans le groupe SOPK. Parmi les groupes de gènes appauvris, on retrouve la voie de régulation PI3K-Akt, impliquée dans la folliculogénèse et la signalisation de l’insuline. Concernant la MIVr rescue des ovocytes attenant à ces CCs (n=9 dans le groupe SOPK et n=16 dans le groupe contrôle), aucune différence significative n’a été o
Conclusion des auteurs
Ainsi cette étude met en évidence une signature transcriptomique spécifique des cellules du cumulus chez les patientes atteintes de SOPK, notamment au niveau de voies impliquées dans la régulation du cholestérol et de la folliculogenèse. Malgré ces différences moléculaires, les ovocytes immatures issus de ces patientes conservent une capacité de maturation in vitro suggérant que la MIV rescue pourrait constituer une approche pertinente pour optimiser la prise en charge en AMP de ces femmes.