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Cryoconservation spermatique et lymphome : devenir reproductif et efficience de la prise en charge en AMP
MACHADO Margot — 14 rue Paul Gaffarel Laboratoire de Biologie de la reproduction - Institut de la Fertilité
Ce qu'il faut retenir
Bien que le taux de retour reste modéré (13,4 %), la cryoconservation spermatique pré-thérapeutique s’avère indispensable face au risque majeur d'azoospermie post-traitement (48,3 %), significativement corrélé à la greffe de CSH et au délai. L'AMP, principalement par ICSI utilisant le sperme congelé, offre d'excellentes chances de succès avec un taux de naissance par couple élevé (79,4 %), confirmant la robustesse et l'efficience de cette stratégie de préservation de la fertilité.
Objectif
Les traitements du lymphome, hodgkinien (LH) ou non-hodgkinien (LMNH), comportent un risque majeur de gonadotoxicité. La cryoconservation de spermatozoïdes pré-thérapeutique est recommandée, mais les données sur l'utilisation des paillettes restent peu documentés en conditions réelles. Cette étude évalue l'efficience de la cryoconservation spermatique, le taux de retour en assistance médicale à la procréation (AMP), les issues cliniques et les facteurs associés à la toxicité gonadique.
Méthode
Étude rétrospective monocentrique incluant 254 patients atteints de lymphome ayant réalisé une cryoconservation de spermatozoïdes avant traitement gonadotoxique entre 2001 et 2025. Les caractéristiques cliniques, les paramètres spermatiques initiaux, le taux de retour (contrôle spermatique ou projet parental) et les issues des tentatives d’AMP - inséminations (IIU), ICSI, transferts d'embryons congelés (TEC) - ont été analysés. Une régression logistique a identifié les facteurs associés à l'azoospermie lors d’un contrôle spermatique.
Résultats
L'âge médian au diagnostic était de 27,3 ± 8,0 ans (73,1 % de LH, 26,9 % de LMNH). Les traitements comprenaient une chimiothérapie pour tous les patients, une radiothérapie pour 30,1 % et/ou une greffe de cellules souches (CSH) pour 16,4 % des patients. Avant traitement, la numération spermatique médiane était de 94,5 M/mL [31,8 ; 201,4], permettant la congélation de 17,8 ± 8.8 paillettes sur 1,7 recueil en moyenne. Un contrôle spermatique post-traitement a été effectué chez 63 patients après un délai moyen de 49,8 ± 50,3 mois (dose équivalente de cyclophosphamide (CED totale) médiane : 6887,0 mg/m²), objectivant 48,3% d’azoospermie, 6,7% de cryptozoospermie, 8,3% d’oligozoospermie et 36,7% de numérations >5 M/mL. En régression logistique, la greffe de CSH (OR=0,038 [95% CI: 0.0046-0.32], p=0,0026) et le délai post-traitement (OR=1,04 [95% CI: 1,006-1,064], p=0,018) étaient significativement associés à une azoospermie lors du contrôle. Au total, 34 patients (13,4 %) sont revenus pour un projet parental à un âge moyen de 34,1 ± 4,3 ans et un délai médian de 42 [11,5 ; 71] mois. Le sperme cryopréservé a été utilisé dans 91,2 % des tentatives d’AMP. Les techniques comprenaient des IIU (n=3 couples ; 1 naissance, 1 fausse couche, 1 échec) et tentatives d’ICSI (n=31 couples, médiane de 1,5 tentative [1 ; 2]). Les ICSI avec transfert d’embryon frais (n=63) ont généré 19 naissances (57,6 % par transfert) et les TEC (n=55) 10 naissances. Au total, 35 enfants sont nés. Le taux de succ
Conclusion des auteurs
Bien que le taux de retour reste modéré (13,4 %), la cryoconservation spermatique pré-thérapeutique s’avère indispensable face au risque majeur d'azoospermie post-traitement (48,3 %), significativement corrélé à la greffe de CSH et au délai. L'AMP, principalement par ICSI utilisant le sperme congelé, offre d'excellentes chances de succès avec un taux de naissance par couple élevé (79,4 %), confirmant la robustesse et l'efficience de cette stratégie de préservation de la fertilité.