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Quels sont les criteres prédictifs d’une hyporeponse ovarienne chez les femmes de moins de 35 ans en préservation ovocytaire de la fertilité ?

2026FFER 2026Préservation de la fertilitéClinique🇫🇷 France

JANOSCH Lise — 371 avenue du Doyen Gaston Giraud, 34090 Montpellier CHU de Montpellier

Ce qu'il faut retenir

L'AMH (<0,55 ng/mL) et le CFA (< 11 follicules) sont indépendamment prédictifs de l’hypo-réponse chez les patientes de mois de 35 ans présentant une ROD. Si ces résultats sont confirmés dans d’autres études, ces seuils pourraient aider au conseil des patientes sur leurs chances de succès en préservation de la fertilité.

Objectif

Face à la demande croissante en préservation de la fertilité, il est devenu plus fréquent de découvrir un diagnostic de réserve ovarienne diminuée (ROD). Les outils prédictifs de la réponse ovarienne à la stimulation pour ces patientes sont limités, et reposent en grande partie sur des extrapolations issues de cohortes de femmes infertiles prises en charge en FIV. Il est urgent d’identifier des seuils adaptés des marqueurs de la réserve ovarienne pour orienter les patientes.

Méthode

Nous avons réalisé une étude de cohorte rétrospective multicentrique menée dans trois centres hospitaliers universitaires français entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2024. Les patientes (18 à 34 ans) répondaient aux critères du groupe 3 de la classification POSEIDON (taux d'AMH < 1,2 ng/mL et/ou compte de follicules antraux [CFA] < 5) et avaient réalisé une préservation de la fertilité. L’hyporéponse sévère (critère de jugement principal) a été définie selon les critères de Bologne relatifs à la faible réponse ovarienne (annulation du cycle ou recueil de moins de 4 ovocytes matures). La valeur prédictive de l’AMH et du CFA a été évaluée par une analyse ROC (indice de Youden), ainsi qu’une régression logistique multivariée.

Résultats

Au total, 191 patientes ayant réalisé 318 cycles ont été incluses. 69 (36.1 %) ont présenté une hypo réponse sévère. L'AMH était prédictive du risque d’hyporéponse au premier cycle à un seuil de 0,55 ng/mL (AUC 0,724 ; IC à 95 % 0,644–0,804, sensibilité/spécificité 59 %/80 % ; VPP/VPN 62 %/78 %), ainsi que le CFA avec un seuil à 11 follicules (AUC 0,719 ; IC à 95 % 0,640–0,798, sensibilité/spécificité 87 %/45 % ; VPP/VPN 46 %/86 %). L’analyse multivariée a montré que l'AMH et le CFA étaient les seuls facteurs prédictifs indépendants d'hyporéponse sévère (AMH par 0,1 ng/mL : ORa 0,80, IC à 95 % 0,69–0,91, p = 0,001 ; CFA par follicule : ORa 0,87, IC à 95 % 0,80–0,95, p = 0,003). La contraception hormonale, les cycles courts, le tabagisme, l'IMC et le type de protocole n'étaient pas des facteurs prédictifs indépendants d'hyporéponse sévère. Seulement 10 % des patientes présentant une hyporéponse sévère au premier cycle ont obtenu ≥ 10 ovocytes MII après la réalisation du cumul ovocytaire, contre 53 % des patientes ne présentant pas d'hyporéponse sévère (p < 0,001). Le cumul ovocytaire au- delà de deux cycles ne semble pas pertinent chez les patientes souffrant de ROD.

Conclusion des auteurs

L'AMH (<0,55 ng/mL) et le CFA (< 11 follicules) sont indépendamment prédictifs de l’hypo-réponse chez les patientes de mois de 35 ans présentant une ROD. Si ces résultats sont confirmés dans d’autres études, ces seuils pourraient aider au conseil des patientes sur leurs chances de succès en préservation de la fertilité. Pour les patientes hypo-répondeuses, le cumul ovocytaire au-delà de deux cycles semble présenter un bénéfice limité.

Poster présenté aux journées de la FFER 2026 (FFER-0049-2026). Résumé rédigé par ses auteurs, présenté ici sous forme structurée.

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