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Amélioration des paramètres spermatiques en cas d'oats sévère idiopathique par le citrate de clomifene : résultats d'une étude rétrospective monocentrique
Melloul Eve — 26 Bd de Louvain, 13008 Marseille Centre Sainte Colette, Hôpital Saint Joseph.
Ce qu'il faut retenir
Dans cette cohorte rétrospective, le CC est associé à une amélioration des paramètres spermatiques, notamment la numération et la mobilité. Ces résultats soutiennent son intérêt potentiel dans la prise en charge de l’infertilité masculine, malgré le peu de données prospectives et comparatives versus les gonadotrophines.
Objectif
L'oligoasthénotératospermie (OATS) sévère idiopathique est une cause fréquente d'infertilité. Le citrate de clomifène (CC) peut être une alternative aux gonadotrophines pour stimuler la spermatogenèse. Le CC est un modulateur sélectif des récepteurs aux estrogènes et stimule l’axe hypothalamo-hypophysaire-testiculaire. L'objectif de cette étude est d'évaluer l'évolution des paramètres spermatiques après traitement par CC chez les hommes présentant une infertilité pour OATS sévère idiopathique.
Méthode
Étude de cohorte rétrospective monocentrique incluant les hommes avec une OATS sévère et traités par CC à 50 mg/jour. Les critères pour la mise sous traitement étaient : bilan génétique sans anomalies, numération spermatique <5 millions/éjaculat et/ou mobilité totale (a+b+c) <15% et/ou vitalité <20%, avec la FSH < 12 mUI/L et la testostérone totale >8 nmol/L. Le bilan hormonal et l’hématocrite étaient contrôlés à 1 et à 3 mois de traitement. Les critères d'évaluation comprenaient les principaux paramètres spermatiques après 3 mois. Les données sont décrites par leur moyenne±écart-type ou médiane [intervalle interquartile] et les comparaisons sur des données appariées avant et après traitement par le test de Wilcoxon signed rank.
Résultats
Nous avons identifié 33 hommes traités par CC entre octobre 2024 et novembre 2025 dans notre centre, dont 29 ont été inclus dans cette analyse. La moyenne d’âge était de 32,5±4,8 ans et l’IMC 27,3±4,6 kg/m². Après un mois de traitement par CC, une augmentation significative était observée pour la FSH (de 5,35 [4,0–8,6] à 13,29 [8,5– 17,8] UI/L ; p < 0,001), la LH (de 6,44 [3,7–7,8] à 14,40 [9,2–18,0] UI/L ; p < 0,001) et la testostérone totale (de 14,5 [10,8–18,1] à 26,8 [21,0–33,6] nmol/L ; p <; 0,001). Après au moins 3 mois de traitement par CC, les paramètres spermatiques se sont significativement améliorés : numération totale de spermatozoïdes a passé de 0,40 [0,24–4,32] à 8,40 [1,69–39,30] millions/éjaculat (p < 0,001), la concentration spermatique médiane de 0,78 [0,38–3,28] à 3,83 [1,00–11,00] millions/mL (p < 0,001), la mobilité progressive de 10 [0–20] à 20 [5–31] % (p = 0,009) et le TMS de 0,01 [0–0,08] à 0,26 [0,02–1,06] million (p < 0,001). Aucune différence significative n’a été observée concernant le volume de l’éjaculat (p = 0,88) et la vitalité spermatique (p = 0,27). Aucune modification significative des paramètres hématologiques n’a été observée après traitement (hémoglobine : 15,8 ± 1,0 vs 16,5 ± 1,0 g/dL, p = 0,16 ; hématocrite : 47,0 ± 1,1 vs 48,4 ± 2,5 %, p = 0,22). A ce jour, 12 couples ont obtenu une grossesse évolutive post ICSI, dont 2 naissances. Autres 8 couples sont en cours de traitement dont un pour qui la technique a été changée en IIU. Pour to
Conclusion des auteurs
Dans cette cohorte rétrospective, le CC est associé à une amélioration des paramètres spermatiques, notamment la numération et la mobilité. Ces résultats soutiennent son intérêt potentiel dans la prise en charge de l’infertilité masculine, malgré le peu de données prospectives et comparatives versus les gonadotrophines. Toutefois, l'absence d’AMM dans cette indication limite l'utilisation du CC alors qu’il présenterait des avantages en termes de coût et d’acceptabilité du traitement.