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L'origine du conjoint influence-t-elle les résultats en don d'ovocytes ? De la qualité spermatique aux résultats cliniques

Andrés Carolina Calle Tambre — 8, Madrid, Espagne Tambre Fertility Clinic

Ce qu'il faut retenir

Le pays d’origine de l’homme influence la qualité du sperme et a une incidence sur la qualité embryonnaire ; les pays où la mobilité progressive est la plus faible génèrent davantage de cycles avec des embryons de mauvaise qualité, mais cet impact ne se répercute pas sur le résultat reproductif final. La sélection embryonnaire et les ovocytes de donneuses neutralisent les différences géographiques masculines en pratique clinique.

Objectif

La qualité du sperme dépend de facteurs génétiques, environnementaux et liés au mode de vie, dont la variabilité géographique est reconnue. Leur impact clinique reste toutefois peu étudié. Le don d’ovocytes permet d’isoler le facteur masculin. Cette étude analyse l’influence du pays d’origine de l’homme sur la qualité du sperme, la qualité embryonnaire et les taux de grossesse après transfert d’embryons congelés

Méthode

Étude observationnelle rétrospective (Clinique Tambre, 2015– 2025) évaluant l’impact du facteur masculin en AMP à trois niveaux. Premièrement, la qualité séminale de 13251 spermogrammes (8 pays, selon les critères de l’OMS 2021) a été analyse, où le diagnostic spermatique reposait sur la concentration et la motilité. Deuxièmes, on a évalué la qualité de 4 496 embryons issus de 2 578 cycles de don d’ovocytes avec sperme du conjoint (5 pays). Les embryons ont été classés selon les grades A à D. Enfin, les résultats cliniques de 3 083 transferts d’embryons congelés ont été analysés. Les analyses statistiques (Kruskal-Wallis, χ², OR) ont confirmé l’absence d’effet confondant de l’âge de la receveuse.

Résultats

Le pays d’origine de l’homme était associé à des différences significatives pour l’ensemble des paramètres séminaux (p < 0,05), la motilité progressive étant le paramètre le plus discriminant. L’Italie et l’Allemagne présentaient une probabilité plus élevée de motilité réduite que l’Espagne (OR = 2,26 et 1,96), bien que les tailles d’effet soient faibles. Cette variabilité s’est également reflétée dans la qualité embryonnaire : 90,6 % des embryons obtenus étaient de bonne qualité (grades A+B), sans différence significative entre les pays (p = 0,889). En revanche, l’Allemagne (9,8 %) et le Royaume- Uni (8,3 %) présentaient davantage de cycles comportant au moins un embryon de mauvaise qualité que l’Espagne (4,6 %) et l’Italie (5,5 %) (p = 0,005), ce qui concorde avec leurs paramètres de motilité moins favorables. Toutefois, ces différences ne se sont pas traduites par une variation des résultats reproductifs : les taux de test positif (50,1 % ; p = 0,423), de grossesse clinique (89,2 %) et de naissance vivante (26,0 %) étaient comparables d’un pays à l’autre. Enfin, bien que l’âge de la receveuse diffère selon les pays, il n’était pas associé à la survenue d’une grossesse (r = −0,008 ; p = 0,659).

Conclusion des auteurs

Le pays d’origine de l’homme influence la qualité du sperme et a une incidence sur la qualité embryonnaire ; les pays où la mobilité progressive est la plus faible génèrent davantage de cycles avec des embryons de mauvaise qualité, mais cet impact ne se répercute pas sur le résultat reproductif final. La sélection embryonnaire et les ovocytes de donneuses neutralisent les différences géographiques masculines en pratique clinique.

Poster présenté aux journées de la FFER 2026 (FFER-0051-2026). Résumé rédigé par ses auteurs, présenté ici sous forme structurée.

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