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Thérapies gonadotoxiques en contexte oncologique et non oncologique : facteurs clinico-biologiques prédictifs de la présence de spermatogonies dans le tissu testiculaire humain (pré)pubère
Neusius Caroline — Laboratoire de Biologie de la Reproduction-CECOS, CHU de Rouen, 1 rue de Germont, 76031 Rouen, France Université Rouen Normandie, Inserm U1239, NorDIC, Equipe “Physiopathologie Surrénalienne et…
Ce qu'il faut retenir
Cette étude met en évidence l’impact majeur des agents alkylants sur la quantité de spermatogonies et leur activité proliférative dans le tissu testiculaire prépubère et péripubertaire. Elle souligne également l’intrication complexe entre pathologie, traitements et maturation testiculaire.
Objectif
Chez les garçons prépubères, la congélation de tissu testiculaire (CTT) constitue actuellement la seule option de préservation de la fertilité (PF). Cependant, les déterminants de la qualité du tissu immature restent imparfaitement définis. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de la pathologie et des traitements reçus avant la CTT sur la quantité de spermatogonies et sur le statut de prolifération/réparation de l’ADN dans le tissu testiculaire humain prépubère et péripubertaire.
Méthode
Cette étude monocentrique a inclus des garçons âgés de moins de 16 ans ayant bénéficié d’une CTT au Laboratoire de Biologie de la Reproduction– CECOS du CHU de Rouen entre 2006 et 2025. Les données cliniques, hormonales et thérapeutiques ont été recueillies. L’architecture tissulaire a été évaluée histologiquement. Les spermatogonies ont été quantifiées par immunomarquage MAGE- A4. PCNA a été utilisé comme marqueur des processus de prolifération/réparation de l’ADN, et KI67 a été analysé dans un sous-groupe afin d’évaluer la prolifération active. Les associations entre paramètres cliniques, thérapeutiques, hormonaux et histologiques ont été étudiées.
Résultats
Parmi les 135 patients initialement inclus, 124 ont été analysés histologiquement. La majorité présentait une pathologie maligne, tandis que les autres avaient une pathologie non maligne, incluant des maladies hématologiques et des pathologies affectant directement les testicules. Ces dernières étaient associées à une altération tissulaire marquée et à une diminution des paramètres spermatogoniaux. Dans les pathologies malignes, les différences entre sous-groupes étaient difficiles à interpréter indépendamment des expositions thérapeutiques. La CED était négativement associée à l’ensemble des paramètres de quantification spermatogoniale, incluant la densité spermatogoniale, le nombre de spermatogonies par tube et le Tubular Fertility Index, alors que l’architecture tubulaire semblait relativement préservée. La CED était également associée à une diminution des paramètres spermatogoniaux KI67-positifs. L’exposition à la vincristine était associée à une diminution des paramètres spermatogoniaux en analyse univariée, mais sa forte corrélation avec la CED limitait l’interprétation d’un effet indépendant. Les profils hormonaux ne reflétaient pas de façon fiable la qualité tissulaire.
Conclusion des auteurs
Cette étude met en évidence l’impact majeur des agents alkylants sur la quantité de spermatogonies et leur activité proliférative dans le tissu testiculaire prépubère et péripubertaire. Elle souligne également l’intrication complexe entre pathologie, traitements et maturation testiculaire. Ces résultats soutiennent l’intérêt d’une orientation précoce vers la PF, idéalement avant les traitements fortement gonadotoxiques, et la nécessité d’études avec modèles prédictifs multivariés.