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Le lavage simple est-il aussi efficient que le gradient de densité dans la préparation des paillettes de sperme de donneur en vue d'une insémination (IIU-d)?
DURAND Violaine — 4 rue du Professeur Robert Debré CHU Nantes
Ce qu'il faut retenir
Le passage au protocole de lavage simple permet d'optimiser le flux de travail en laboratoire et de réduire considérablement les coûts sans nuire aux taux de réussite. Cette simplification facilite la standardisation de la préparation du sperme de donneur d'un centre à l'autre et réduit le stress oxydatif potentiel associé à un traitement complexe.
Objectif
A ce jour, il n'existe aucune recommandation nationale ou internationale pour la préparation des paillettes destinées à l'insémination intra-utérine avec sperme de donneur (IIU-d). En France, les pratiques techniques présentent une grande variabilité. Suite à la modification de la loi de bioéthique l'essor de l'activité qui en découle rend nécessaire une optimisation des protocoles de préparation des paillettes de donneurs afin de gérer cette nouvelle charge de travail.
Méthode
Cette étude a été réalisée en trois phases. Dans un premier temps, une enquête nationale multicentrique visant à recenser les pratiques actuelles en matière de préparation de paillettes de donneur (décembre 2024 – février 2025). Ensuite, une phase expérimentale comprenant une étude monocentrique comparant 90 paillettes de sperme de donneur selon trois techniques différentes (lavage simple, lavage par réhydratation et gradients de densité) (juillet 2025). Enfin, une phase de mise en œuvre clinique prospective (octobre 2025 - avril 2026) visant à évaluer la technique optimale (lavage simple) chez 240 patientes, par rapport à une cohorte rétrospective de 240 patientes traitées par gradients de densité (avril - octobre 2025).
Résultats
L'enquête préliminaire menée auprès de 50 centres a permis d'identifier trois principales méthodes de préparation utilisées à l'échelle nationale : le lavage simple, le lavage par réhydratation et les gradients de densité. Lors de la phase expérimentale, aucune différence significative n'a été observée entre ces techniques en termes de vitalité des spermatozoïdes (gradients : 47% ± 13,9 ; lavage avec réhydratation : 48% ± 10,9 ; lavage simple : 46% ± 13,3 ; p = 0.77) ou de nombre total de spermatozoïdes inséminables progressifs (gradients : 1,9 (1,0 ; 4,3) ; lavage avec réhydratation : 3 (2 ; 4,7) ; lavage simple : 2,5 (1,5 ; 5,5) ; p = 0,121). Cependant, la préparation par gradients a entraîné des concentrations de spermatozoïdes après préparation significativement plus faibles par rapport au lavage simple et au lavage par réhydratation (gradients 9.2 M/mL (5.2 ; 19.7) lavage simple 20 M/mL (14 ; 31.5) lavage avec réhydratation 20.5 M/mL (15 ; 35.1 , p < 0,01). Le lavage simple a permis de réduire la durée de la manipulation de 58 % (17 contre 41 min) et les coûts liés aux milieux de culture de 54 %. Au cours de la phase clinique (n = 480), les groupes étaient comparables en termes d’âges et d’indications. Le lavage simple a montré un nombre de spermatozoïdes mobiles inséminables significativement plus élevé que par gradient ( 2.5 M/mL vs 1.25 M/mL, IQR = 2.46 CI95% = [-1.46 ; -0.93]) p<0.001)). Plus important encore, les taux de grossesse sont restés stables (21.25% ±2.6% p
Conclusion des auteurs
Le passage au protocole de lavage simple permet d'optimiser le flux de travail en laboratoire et de réduire considérablement les coûts sans nuire aux taux de réussite. Cette simplification facilite la standardisation de la préparation du sperme de donneur d'un centre à l'autre et réduit le stress oxydatif potentiel associé à un traitement complexe.