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Fragmentation de l'ADN spermatique chez les hommes issus de couples confrontés à un échec de culture embryonnaire après FIV/ICSI

Masquida Alice — 4 rue de la Chine, 75020 Paris Service de biologie de la reproduction-CECOS, Hôpital Tenon, APHP. Sorbonne Université

Ce qu'il faut retenir

Les hommes appartenant à des couples ayant présenté un échec de culture embryonnaire après FIV/ICSI présentent une fragmentation de l'ADN spermatique plus élevée que les donneurs de spermatozoïdes. L'absence d'association avec la plupart des caractéristiques parentales et des paramètres d'AMP suggère un rôle propre de cette altération.

Objectif

L'échec de culture embryonnaire représente une situation complexe en AMP dont les déterminants restent imparfaitement compris. Si les facteurs ovocytaires sont largement suspectés, l'impact du facteur paternel, notamment de la fragmentation de l'ADN spermatique, demeure discuté. L'objectif de cette étude était d'évaluer la fragmentation de l'ADN spermatique chez des hommes partenaire de couples ayant présenté un échec de culture embryonnaire après FIV ou ICSI.

Méthode

Cette étude rétrospective a inclus 88 hommes dont le couple a présenté au moins un échec de culture embryonnaire après FIV/ICSI. Le groupe témoin comprenait 35 donneurs de spermatozoïdes recrutés sur la même période. Le taux de fragmentation de l'ADN spermatique a été évalué par la méthode TUNEL avec lecture en cytométrie en flux. Les taux de fragmentation ont été comparés entre les deux groupes par test de Student. La proportion d'hommes présentant une fragmentation >20 %, seuil associé à une altération de la fertilité, a été analysée par test du Chi². Une analyse secondaire a comparé les données (caractéristiques du couple et paramètres des cycles de FIV/ICSI) des patients avec fragmentation >20 % à ceux avec fragmentation ≤20 %.

Résultats

Le taux de fragmentation de l'ADN spermatique était significativement plus élevé chez les hommes appartenant à des couples confrontés à un échec de culture embryonnaire que chez les donneurs de spermatozoïdes (17.40 ±1.32 vs 12,6 ± p < 0,05). De même, la proportion d’hommes présentant un taux de fragmentation de l’ADN spermatique supérieure à 20 % était significativement plus importante dans le groupe des patients que dans le groupe témoin (29,5% vs 20,0% p < 0,05). Au sein du groupe des patients, aucune différence significative n'était observée entre les hommes présentant un taux de fragmentation de l'ADN spermatique >20 % et ceux ayant un taux de fragmentation de l'ADN spermatique ≤20 % concernant l'âge, l'indice de masse corporelle ou le tabagisme. Les caractéristiques féminines étaient également comparables entre les deux groupes, à l'exception de l'âge des conjointes, légèrement plus élevé chez les couples dont l'homme présentait un taux de fragmentation de l'ADN spermatique normal (<20%). Les paramètres concernant les cycles de FIV/ICSI étaient similaires entre les deux groupes. Le rang de tentative, le nombre d’épisodes d’échec de culture embryonnaire, le nombre d’ovocytes recueillis ainsi que le nombre d’embryons clivés mis en culture ne différaient pas selon le niveau de fragmentation de l’ADN spermatique. Ainsi, l’augmentation de la fragmentation de l’ADN spermatique observée dans cette population ne semblait pas associée aux caractéristiques parentales habituelles

Conclusion des auteurs

Les hommes appartenant à des couples ayant présenté un échec de culture embryonnaire après FIV/ICSI présentent une fragmentation de l'ADN spermatique plus élevée que les donneurs de spermatozoïdes. L'absence d'association avec la plupart des caractéristiques parentales et des paramètres d'AMP suggère un rôle propre de cette altération. Son évaluation pourrait être intégrée au bilan étiologique de ces couples et orienter de futures stratégies thérapeutiques.

Poster présenté aux journées de la FFER 2026 (FFER-0024-2026). Résumé rédigé par ses auteurs, présenté ici sous forme structurée.

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