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Choix entre FIV conventionnelle et ICSI chez les faibles répondeuses ovariennes : le nombre d’ovocytes compte-t-il vraiment
TRABELSI Narjes — Hôpital Farhat Hached ,Sousse, Tunisie 1- Service de biologie de la reproduction, Hôpital Farhat Hached ,Sousse, Tunisie 2- Faculté de Médecine de Sousse, Université de Sousse. Sousse. Tunisie
Ce qu'il faut retenir
Le nombre d’ovocytes recueillis à lui seul ne semble pas prédire l’échec de la FIV conventionnelle. Cette dernière a permis d’obtenir un rendement comparable, voire supérieurs dans certains sous-groupes, à celui de l’ICSI, indépendamment de la réponse ovarienne.
Objectif
Le choix entre la fécondation in vitro conventionnelle (FIV) et l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI) est principalement guidé par les paramètres spermatiques et les antécédents d’échec de fécondation. Toutefois, les facteurs pronostiques féminins restent mal définis. Cette étude vise à évaluer si le nombre de complexes cumulus–ovocyte (CCO) recueillis pouvait prédire les résultats de FIV conventionnelle et à identifier un seuil ovocytaire pour son utilisation.
Méthode
Cette étude comparative rétrospective a inclus 166 cycles de FIV/ICSI. Les patientes ont été réparties en quatre groupes selon le nombre de CCO recueillis : Groupe 1 (1 CCO, n=19), Groupe 2 (2 CCO, n=32), Groupe 3 (3 CCO, n=29) et Groupe 4 (≥4 CCO, n=86). Chaque groupe a ensuite été subdivisé selon la technique d’insémination utilisée (FIV ou ICSI). Les caractéristiques démographiques et cliniques, incluant l’âge féminin, l’hormone anti-müllérienne (AMH), l’âge masculin et les paramètres spermatiques (volume, concentration et mobilité), ont été comparées entre les sous-groupes FIV et ICSI. Le rendement de ces techniques a été évalué grâce aux taux de fécondation, de clivage, de blastulation et de grossesses cliniques.
Résultats
L’âge féminin, les taux d’AMH, l’âge masculin ainsi que le nombre d’ovocytes matures étaient comparables entre les sous-groupes FIV et ICSI dans l’ensemble des groupes de CCO (tous p>0,05). La mobilité spermatique était significativement plus faible dans les cycles ICSI dans tous les groupes (tous p<0,01), tandis que la concentration spermatique était significativement plus basse dans les cycles ICSI des Groupes 1 et 2. Aucune différence significative n’a été observée entre la FIV et l’ICSI concernant les taux de fécondation, de clivage, de blastulation ou de grossesse chez les patientes présentant 1 ou 2 CCO recueillis. Dans le Groupe 1 (1 CCO), le taux de fécondation était de 62 % en ICSI contre 90 % en FIV (p=0,17), le taux de clivage de 67 % contre 90 % (p=0,23) et le taux de blastulation de 33 % contre 50 % (p=0,74), sans grossesse observée dans les deux sous-groupes. Dans le Groupe 2 (2 CCO), le taux de fécondation était comparable entre ICSI et FIV (96 % vs 98 %, p=0,40), de même que les taux de clivage (96 % vs 93 %, p=0,74), de blastulation (38 % vs 63 %, p=0,35) et de grossesse (0 % vs 29 %, p=0,08). Dans le Groupe 3 (3 CCO), la FIV a montré des taux significativement plus élevés de fécondation (86 % vs 46 %, p=0,002) et de clivage (83 % vs 46 %, p=0,003) comparativement à l’ICSI, tandis que les taux de blastulation et de grossesse étaient similaires. Dans le Groupe 4 (≥4 CCO), les taux de fécondation, de clivage et de blastulation étaient comparables entre les d
Conclusion des auteurs
Le nombre d’ovocytes recueillis à lui seul ne semble pas prédire l’échec de la FIV conventionnelle. Cette dernière a permis d’obtenir un rendement comparable, voire supérieurs dans certains sous-groupes, à celui de l’ICSI, indépendamment de la réponse ovarienne. Ces résultats suggèrent qu’un faible nombre de CCO recueillis ne devrait pas, à lui seul, justifier le recours systématique à l’ICSI.