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Assistance médicale à la procréation chez les femmes seules hétérozygotes pour une maladie récessive : enjeux du dépistage génétique du donneur

SANTENARD Juliette — 2 BD Maréchal de Lattre de Tassigny, 21000 Dijon Centre de génétique, CHU DIJON

Ce qu'il faut retenir

Les demandes d’AMP chez les femmes hétérozygotes pour une maladie autosomique récessive sont fréquentes mais peu standardisées. Malgré une collaboration AMP–génétique souvent existante, les pratiques restent variables.

Objectif

Lors de l'identification d'une pathologie autosomique récessive dans une famille, le dépistage des apparentés et du conjoint est recommandé. Dans le cadre d'une AMP avec don de spermatozoïdes chez une femme hétérozygote, la question d'un dépistage génétique ciblé chez le donneur se pose afin de réduire le risque de naissance d'un enfant atteint. En France, aucun cadre harmonisé n'existe pour ces situations.

Méthode

À partir de deux situations cliniques identifiées au CHU de Dijon — une femme hétérozygote pour l'ataxie de Friedreich (fréquence des porteurs : 1/111) et une pour la leucodystrophie métachromatique (1/350) — ayant soulevé des enjeux organisationnels, éthiques et médicaux, un questionnaire a été diffusé à l'échelle nationale via les sociétés savantes (AFCG, AFGC, CECOS, BLEFCO). Les objectifs étaient d'établir un état des lieux des pratiques, d'optimiser la prise en charge de ces cas complexes et d'élaborer un protocole harmonisé.

Résultats

Le questionnaire a été complété par 68 professionnels provenant de 32 centres, dont 40 % de conseillers en génétique, 33 % de biologistes, 25 % de médecins généticiens et 2 % de médecins d’AMP/gynécologues. Les réponses ont permis de montrer qu’une collaboration entre AMP et génétique existait dans 87 % des cas, principalement via des réunions de concertation (69 %), des professionnels exerçant dans les deux services (37 %) ou des demandes d’avis (31 %). De plus, 69 % des répondants avaient déjà été confrontés à une demande d’AMP chez une femme hétérozygote pour une maladie autosomique récessive, le plus souvent dans moins de cinq situations mais avec huit répondants ayant géré plus de dix situations. Concernant les pratiques d’évaluation du statut génétique du donneur, elles apparaissaient hétérogènes, avec 59 % d’analyses non réalisées de manière anonyme, une information majoritairement délivrée par les services d’AMP (35/50) et une consultation/prescription assurée par la génétique (24/50). Enfin, plus de 70 % des répondants rapportaient des difficultés dans la gestion du parcours, liées notamment à l’absence de protocole formalisé, au maintien de l’anonymat du donneur et au manque de coordination entre équipes, avec une perception de ces difficultés évaluée comme « beaucoup » (33 %) et « énormément » (27 %).

Conclusion des auteurs

Les demandes d’AMP chez les femmes hétérozygotes pour une maladie autosomique récessive sont fréquentes mais peu standardisées. Malgré une collaboration AMP–génétique souvent existante, les pratiques restent variables. Des protocoles communs et un parcours coordonné semblent nécessaires. De plus, 65 % des répondants sont favorables à un dépistage génétique élargi des donneurs selon les recommandations de la FFGH pour le seuil de fréquence des hétérozygotes en population générale.

Poster présenté aux journées de la FFER 2026 (FFER-0006-2026). Résumé rédigé par ses auteurs, présenté ici sous forme structurée.

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