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Malformations après traitement de fertilité : les grossesses multiples n'expliquent presque rien
MILNE B., BROGLY S.B., VELEZ M.P. — Queen’s University Public Health Sciences Kingston Canada
Ce qu'il faut retenir
Sur 275 157 naissances, la prévalence des malformations congénitales passe de 5,9 % après infertilité non traitée à 7,6 % après FIV. Les grossesses multiples ne médient qu'une faible part de cet excès.
En clair. Les enfants conçus en AMP ont un peu plus de malformations, et cet excès ne s'explique que très partiellement par les jumeaux et triplés.
Contexte
Le surrisque de malformations après AMP est documenté, mais son origine est disputée. Trois explications coexistent : l'infertilité elle-même, les techniques employées, et les grossesses multiples qu'elles provoquent. Ces dernières étaient souvent avancées comme explication principale, ce qui aurait été rassurant puisque le transfert unique les fait disparaître.
Ce qui a été fait
Étude de cohorte en population sur données administratives de santé de 2006 à 2021, portant sur 275 157 naissances : 230 025 chez des femmes présentant une hypofertilité, 20 562 après induction de l'ovulation ou insémination, 22 067 après FIV et le reste après ICSI. Une analyse de médiation évalue la part de l'excès de risque passant par les grossesses multiples.
Résultats
La prévalence des malformations est de 5,9 % chez les femmes hypofertiles non traitées, 6,7 % après induction ou insémination, 7,6 % après FIV et 7,5 % après ICSI. L'analyse de médiation montre qu'une faible part seulement de l'excès de risque passe par les naissances multiples.
Limites
Les auteurs notent que l'ajustement sur les caractéristiques maternelles ne modifie pas les estimations, ce qui signifie que la confusion n'est pas éliminée par ces variables. Le calcul de la valeur E suggère toutefois qu'un facteur de confusion non mesuré devrait être très puissant pour expliquer entièrement les résultats.
Portée pratique
Le message pour les couples est double et doit être donné entièrement. Le surrisque existe, il est mesuré, et le transfert d'un seul embryon ne le fera pas disparaître puisqu'il ne passe pas principalement par les jumeaux. Mais il reste faible en valeur absolue : on parle de 7,6 % contre 5,9 %, sur des malformations dont beaucoup sont mineures.