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Vécu des professionnels de santé en préservation de la fertilité oncologique : enjeux psychosociaux des consultations en oncofertilite
fraison eloise — 59 bd pinel 69500 BRON Department of Gynecology- Obstetrics and Reproductive Medicine, University Hospital of Lyon, Lyon, France Claude Bernard University, Faculty of Medicine Laennec, Lyon, France…
Ce qu'il faut retenir
Ces résultats prolongent les travaux sur le coût émotionnel des soins en oncologie, tout en soulignant la spécificité de l'oncofertilité, où la proximité d'âge avec les patients et les enjeux reproductifs intensifient les phénomènes d'identification. Le soutien entre pairs, privilégié aux dispositifs institutionnels, rejoint la littérature sur la fatigue compassionnelle.
Objectif
Les consultations d'oncofertilité, souvent réalisées en urgence, exposent les soignants à une double complexité : un risque vital et une menace d'infertilité induite par les traitements. Leur vécu émotionnel reste largement inexploré, les rares travaux existants portant surtout sur les pratiques de communication. Cette étude vise à explorer le vécu des professionnels de santé exerçant en oncofertilité, en s'attachant particulièrement aux enjeux émotionnels et stratégies de régulation mobilisée.
Méthode
Ce projet adopte une approche compréhensive et transdisciplinaire. Des entretiens semi-directifs sont conduits auprès de praticiens exerçant en oncofertilité, jusqu'à saturation des données. Ces entretiens s’appuient sur une grille structurée établie à partir de la littérature qui permet d’explorer les émotions ressenties, les stratégies de régulation émotionnelle, ainsi que les phénomènes de burnout, de fatigue compassionnelle, de traumatisme et développement post- traumatique. Des données sociodémographiques sont recueillies et une évaluation de la fatigue, satisfaction compassionnelle et du burnout est réalisée à l’aide de l’échelle ProQOL. Les données feront l'objet d'une analyse thématique réflexive.
Résultats
Douze entretiens semi-directifs ont été menés auprès de professionnels en oncofertilité (48% des entretiens prévus). Plusieurs constats préliminaires se dégagent. Concernant les scores, le ProQOL Health situe les participants à des niveaux moyens à élevés de satisfaction compassionnelle et de soutien perçu, et à un niveau faible de détresse morale. Le burnout et le stress traumatique secondaire sont majoritairement modérés, avec toutefois, pour chaque dimension, une participante atteignant un niveau élevé, révélant une variabilité interindividuelle transversale. Concernant les entretiens, le coût du soin rapporté est double : organisationnel, avec une lourde charge de travail, des relations interprofessionnelles parfois conflictuelles et un isolement lié au rôle de seul référent, pesant sur la pratique clinique ; et émotionnel, lié à des phénomènes d'identification (patients du même âge, projection sur ses propres enfants), créant un effet-miroir rapporté par plusieurs participants. La satisfaction professionnelle repose sur la capacité à maintenir une présence engagée sans débordement subjectif. Les participants se perçoivent comme une présence complémentaire, porteuse d'un horizon temporel et d'espoir. Cette posture se retrouve dans leurs choix de carrière : certains s'étaient écartés de spécialités jugées plus éprouvantes, suggérant que la charge affective de l'oncofertilité, peu anticipée, soit d'autant plus vivement ressentie. Enfin, le soutien entre pairs constitue la r
Conclusion des auteurs
Ces résultats prolongent les travaux sur le coût émotionnel des soins en oncologie, tout en soulignant la spécificité de l'oncofertilité, où la proximité d'âge avec les patients et les enjeux reproductifs intensifient les phénomènes d'identification. Le soutien entre pairs, privilégié aux dispositifs institutionnels, rejoint la littérature sur la fatigue compassionnelle. L'hétérogénéité des vécus invite à ne pas homogénéiser ces professionnels et plaide pour un soutien individualisé.