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Facteurs prédictifs de l’utilisation des ovocytes congeles dans le cadre de la préservation de la fertilité d’indication médicale : qui utilise ses ovocytes vitrifiés ?
Felicioli Camille — 6 Impasse De Mont-Louis Hôpital Jean Verdier
Ce qu'il faut retenir
Le taux d’utilisation cumulée des ovocytes à 10 ans était de 24,3 %. Un âge supérieur à 36 ans, une AMH < 1,2 ng/mL, la nulliparité et la vitrification de plus de 15 ovocytes étaient indépendamment associés à leur utilisation.
Objectif
Les données sur l’utilisation des ovocytes vitrifiés après préservation de la fertilité (PF) d’indication médicale sont limitées et les taux d’utilisation rapportés sont faibles. Les études disponibles rapportent des taux d’utilisation plus élevés dans les indications bénignes que dans les indications oncologiques, mais aucune n’a analysé les facteurs prédictifs de cette utilisation. L’objectif de cette étude était d’identifier ces facteurs.
Méthode
Étude rétrospective observationnelle unicentrique incluant 1787 femmes ayant bénéficié d’une cryoconservation ovocytaire pour préservation de la fertilité d’indication médicale à l’Hôpital Jean Verdier (Bondy, France) entre 2013 et 2021, avec un suivi jusqu’au 31 décembre 2024. Les patientes ayant bénéficié d’une stimulation ovarienne ou d’une maturation in vitro ont été incluses. Les caractéristiques cliniques, biologiques et socio démographiques recueillies au moment de la congélation ont été comparées selon l’utilisation ou non des ovocytes vitrifiés. Les résultats du réchauffement ovocytaire et les issues reproductives ont également été analysés.
Résultats
Parmi les 1787 patientes incluses, 60 % présentaient une indication bénigne (principalement l’endométriose) et 40 % une indication maligne (principalement le cancer du sein et les hémopathies malignes). Au cours de la période d’étude, 254 femmes (14,2 %) sont revenues utiliser leurs ovocytes. La durée de suivi médiane était de 5,3 ans (IQR 3.8). L’incidence cumulée calculée d’utilisation atteignait 24.3% [IC 95% 20.8–28.3] à 10 ans après la cryoconservation. L’analyse descriptive montrait que les utilisatrices étaient plus âgées au moment de la cryoconservation, avaient des marqueurs de réserve ovarienne plus bas et appartenaient à un statut socio-économique plus élevé. En analyse multivariée par régression de Cox, l’âge supérieur à 36 ans (HR 2,1) et un taux d’AMH < 1,2 ng/mL (HR 1,58) à la congélation étaient indépendamment associés à une probabilité accrue d’utilisation. À l’inverse, une naissance antérieure (HR 0,67) était associée à une moindre utilisation, de même qu’un faible nombre d’ovocytes congelés (< 7 ; HR 0,7). Les analyses en sous-groupes selon l’indication de PF montraient des tendances similaires. Parmi les utilisatrices, 227 sont revenues dans notre centre, où 2331 ovocytes ont été décongelés, aboutissant à 71 naissances. Le taux de naissance vivante par ovocyte décongelé était de 2.0% [IC 95% 0.67-4.7] après MIV et de 3.2% [IC 95% 2.4-4.0] après stimulation ovarienne, indépendamment de l’âge ou de l’indication. L’analyse de l’incidence cumulée de naissance
Conclusion des auteurs
Le taux d’utilisation cumulée des ovocytes à 10 ans était de 24,3 %. Un âge supérieur à 36 ans, une AMH < 1,2 ng/mL, la nulliparité et la vitrification de plus de 15 ovocytes étaient indépendamment associés à leur utilisation. Ces résultats permettent de mieux identifier les patientes les plus susceptibles de bénéficier d’une préservation de la fertilité et d’améliorer l’information délivrée lors du conseil préthérapeutique.