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2010 > Obstétrique > Oligamnios  Telecharger le PDF

Oligoamnios : bilan échographique et conduite à tenir

D. Subtil

Oligoamnios : bilan échographique et conduite à tenir.

Rosa Rebbouh, Damien Subtil

Avant l'accès à cet article, nous vous proposons un QCM de pré test le QCM de post-test se trouve en fin d'article.

QCM PRE TEST : Fausses couches tardives : bilan et conduite à tenir

Quelle(s) conduite(s) à tenir semblent légitimes après la survenue d’une fausse couche tardive unique ? (choix multiple)

A. Cerclage

B. Réalisation d’un score de Nugent

C. Traitement par progestérone

D. Tocolytiques continus

E. Arrêt du tabac

En cas de fausse couche tardive, quels sont les éléments anamnestiques qui sont en faveur d’une origine infectieuse ? (choix multiple)

A.    Métrorragies continues

B.    CRP augmentée

C.    Rupture des membranes avant expulsion

D.    Mort in utero avant expulsion

 

Introduction

RCIUL’oligoamnios est retrouvé dans 0,5 à 2% des grossesses et s’associe à un pronostic généralement considéré comme défavorable pour la grossesse [1]. Il s’agit d’une évidence si l’on considère les problèmes qu’il peut révéler : malformations fœtales (absence de reins, pathologies rénales, autres), retard de croissance intra utérin d’origine vasculaire, syndrome de post maturité…

Le pronostic est beaucoup moins péjoratif lorsque l’oligoamnios est apparemment isolé. C’est dans cet ordre – oligoamnios associé puis oligoamnios isolé - que nous envisagerons cette question.

1. Comment rechercher un oligoamnios ?

Les travaux réalisés à l’aide de mesures directes du liquide amniotique (à l’accouchement) et/ou après dilution d’un colorant (amniocentèse) se recoupent (Figure 1)[2-4]. Pour 95 % des patientes, la quantité de liquide amniotique est comprise entre 250 mL et 2000 mL, avec une relative stabilité entre 22 et 39 SA, même si un pic est observé à 34 SA [2, 4]. On parle donc d’oligoamnios quand la quantité de liquide amniotique est inférieure à 250 mL, mais cette définition est théorique car le volume amniotique ne peut être approché que par l’échographie.

Plusieurs méthodes d’évaluation de la quantité de liquide amniotique ont été publiées et évaluées, souvent intégrées au calcul de scores biophysiques de bien être fœtal, ce qui a compliqué encore un peu plus l’analyse de la littérature.

Citons les méthodes étudiées avant de n’en retenir puis comparer que deux.

-       Impression subjective de diminution de la quantité de LA (sensibilité 58 %, spécificité 83 %)[5]

-       Mesure verticale de la grande citerne < 1 cm [6]

•       Mesures perpendiculaires de la grande citerne 1 x 1 cm [7]

•       Mesure verticale de la grande citerne < 1 cm, avec largeur > 1 cm (apparition de la notion d’oligoamnios « limite » entre 1 et 2 cm) [8]

•       Mesure dites des quatre quadrants (index amniotique obtenu par addition des diamètres verticaux des citernes maximales de chacun des quatre quadrants[9]. L’oligoamnios est défini par un index des 4 quadrants < 5 cm.

•       Mesure verticale de la grande citerne < 2 cm (au moins 1 cm large) [10]

•       Méthodes d’évaluation surfaciques ou volumétriques de la plus grande citerne de liquide amniotique [11]

Les premières méthodes fixaient donc la hauteur de la grande citerne à 1 cm et se sont révélées trop peu sensibles (l’oligoamnios était rare et grave) et les dernières trop peu spécifiques (l’oligoamnios était trop fréquent et « bénin »)[12]

Les deux méthodes actuellement retenues sont

1.1. La mesure verticale de la plus grande citerne (GC).

Cette méthode est rapide et facile (pourvu qu’on reste « vertical », que la grande citerne ait au moins 1 cm de largeur, et qu’on ne compte pas comme « liquide amniotique » le cordon ombilical qui peut gêner [12]). Avec cette mesure, on parle de

- oligoamnios « limite  » si 1 cm ≤ GC ≤ 2 cm

- oligoamnios « avéré » si GC < 1 cm

1.2. La mesure de l’index amniotique (IA).

Intuitivement, cette méthode est la meilleure car elle tient compte de la présence du liquide « partout » dans l’utérus, au moins aux endroits où on la voit le mieux dans les 4 quadrants, ce qui permet d’avoir une estimation plus correcte de la quantité de LA [9]. Avec cette mesure, on parle de

- oligoamnios « limite » si 5 cm < IA ≤ 8 cm

- oligoamnios « avéré » si IA ≤ 5 cm

2. Quelle méthode de mesure choisir ?

De nombreuses études (Tableau 1) et plusieurs essais randomisés de très bonne qualité [13] sont venus éclairer les échographistes, désorientés depuis deux décennies par l’existence de deux mesures différentes pour rechercher l’existence d’un oligoamnios.

Les quatre essais randomisés de très bonne qualité sélectionnés par Nabhan et al [13] ont rassemblé 3125 patientes, dont 500 n’étaient incluses que si elles avaient dépassé le terme [14]. Les résultats « poolés » de cette métanalyse apparaissent dans le Tableau 2 et montrent  clairement que l’utilisation de l’index amniotique (IA)

-       amène à faire le diagnostic d’oligoamnios deux fois plus souvent que l’utilisation de la grande citerne, soit dans 22 % des cas versus 10 % des cas chez les patientes des essais concernés (GC)

-       n’apporte pas de bénéfice du point de vue des paramètres d’issue de grossesse, qu’il s’agisse d’admission en soins intensifs ou bien de paramètres vitaux néonataux (pH, score d’Apgar à 5 minutes)

-       est lié à un doublement des déclenchements et à une augmentation de 45 % des césariennes pour anomalies du rythme cardiaque fœtal, sans qu’il soit possible de dire par quel mécanisme ces augmentations sont observées. L’hypothèse d’une « stigmatisation » des patientes ayant un oligoamnios, amenant à des déclenchements plus nombreux et à des césariennes plus fréquentes pour anomalies du RCF est possible.

Au total, l’ensemble des auteurs qui étudient cette comparaison entre IA et GC concluent en faveur de l’utilisation de la mesure de la plus grande citerne, qui permet de repérer moins d’oligoamnios (amélioration de la spécificité) sans ignorer les oligoamnios importants (maintien d’une bonne sensibilité), avec des résultats périnataux identiques à ceux obtenus en mesurant l’IA.

3. Quelles sont les complications de l’oligoamnios ?

Le pronostic de l’oligoamnios dépend à la fois de son étiologie (sévérité des pathologie associées, malformations, RCIU, hypoxie fœtale, chorioamniotite en cas de RPM, insuffisance placentaire en cas de dépassement de terme….) mais aussi des complications propres à l’oligoamnios lui-même. Ces complications sont d’autant plus fréquentes que l’oligoamnios est plus précoce et plus sévère [1]. Les oligoamnios isolés et associés étant le plus souvent mélangés dans les études, leurs conclusions ne sont pas uniformes (Tableau 3)

3.1 Complications liées à l’oligoamnios lui même

Elles sont principalement constatées lorsque l’oligoamnios survient au stade canaliculaire du développement pulmonaire, entre 17 et 26 SA. Il s’agit principalement de l’hypoplasie pulmonaire expliquée par la réduction de l’espace nécessaire au développement pulmonaire (compression mécanique thoracique associée à une diminution de la complication pariétale ; inhibition des mouvements respiratoires) et de la diminution de la production du liquide pulmonaire intra thoracique ou une augmentation de son excrétion liée à la chute de la pression amniotique au voisinage de zéro. Cette hypoplasie pulmonaire peut être la source d’une détresse respiratoire néonatale sévère, parfois fatale.

Il s’agit dans une moindre mesure des séquelles déformatrices et musculo-articulaires : syndrome de Potter (du fait de l’immobilité fœtale qui associe une dysmorphie faciale avec faciès aplati et rétrognatisme, déformations posturales). Ces complications sont réversibles.

3.2 Autres complications liées aux causes de l’oligoamnios [1].

Il s’agit d’une augmentation des interventions (déclenchements, césariennes) en rapport avec une augmentation de la fréquence des RCIU, des anomalies du RCF, des liquides méconiaux, des infections périnatales en rapport avec les ruptures prématurées des membranes… et des malformations qui ne sont pas toujours exclues des études les plus anciennes (Tableau 3).

4. Quelles sont les principales causes à rechercher devant un oligoamnios ?

Elles figurent au Tableau 4 et relèvent du bon sens, même si certaines causes ne sont pas très aisées à diagnostiquer. Une échographie détaillée, biométrique et morphologique, avec mesure des doppler vasculaires (utérins) à la recherche de malformations associées qui pourrait faire discuter la réalisation d’une amniocentèse pour analyser le caryotype fœtal +/- culture virologique sur le LA. Parmi les difficultés de la démarche étiologique, on retiendra

-       la difficulté à mettre en évidence l’absence de reins chez des patientes dont l’échogénicité est insuffisante (les glandes surrénales occupent les aires rénales)

- la rupture prématurée des membranes, fréquente (30 %), et souvent précédée de métrorragies subintrantes ou d’hématome périovulaire, mais parfois difficile à diagnostiquer en l’absence d’écoulement allégué par la patiente [15]. A l’examen au spéculum, il est nécessaire de rechercher un écoulement spontané de LA ou à la pression utérine (signe de Tarnier) que l’on peut confirmer à l’aide d’un test adapté (voir Tableau 5). Notre préférence va nettement à l’utilisation du test à la Nitrazine, aisé et peu coûteux dans les cas faciles, suivi du test à l’IGFBP1 malgré son coût dans les cas difficiles, sensible et spécifique et utilisable dès 13 SA.

-       la prise médicamenteuse d’un antihypertenseur récent, à type d’inhibiteur de l’angiotensine ou de l’enzyme de conversion, que la patiente ne pense pas à rapporter.

5. L’oligoamnios isolé représente t’il un facteur de morbidité fœtal en lui-même ?

Avec les progrès de l’échographie et du Doppler, il apparait de plus en plus clairement que l’oligoamnios isolé n’est pas un facteur de risque de complications périnatales… mais la conséquence logique de la distribution gaussienne des quantités de liquide amniotique (voir plus haut, ainsi que la Figure 1).

Utilisant les données de l’étude RADIUS dans laquelle la moitié des patientes avaient deux échographies systémagtiques pendant la grossesse et l’autre moitié une échographie uniquement en cas de nécessité, Zhang et col [16] ont montré que la réalisation d’une échographie double les risques de trouver un oligoamnios (1.5 % vs 0.8 %, p< 0.001). En étudiant uniquement les oligoamnios diagnostiqués dans le groupe « échographie systématique », il montre que la moitié d’entre eux se sont révélés isolés (60/113, 53 %). En cas d’oligoamnios isolé, Zhang montre que la croissance fœtale se poursuit de manière satisfaisante, depuis le 45e percentile vers le 40e percentile environ 2 mois après, et que le poids de naissance n’est plus faible que de 110 grammes en moyenne (3350 g vs 3460g) à la naissance, sans modification du taux de césariennes pour détresse fœtale, du taux de scores d’Apgar bas ni de la morbidité ou de la mortalité périnatales.

6. Que faire devant un oligoamnios isolé ?

Du fait de l’utilisation de plus en plus fréquente en routine de l’échographie, un « oligoamnios isolé » dans des grossesses à bas risque est de plus en plus souvent diagnostiqué. On est alors souvent tenté d’agir activement par un déclenchement si l’âge gestationnel le permet, ce qui peut s’accompagner d’une augmentation du taux de césariennes si le col n’est pas favorable.

Les publications de Ek et al en Suède [17], Zhang et al aux USA [16], Alchalabi et al en Jordanie [18], Magann et al [19] puis Conway et al aux USA [20] indiquent que l’oligoamnios n’est pas un facteur de risque de complications périnatales quand il est isolé et ne militent pas en faveur d’un déclenchement.

En définitive, il nous paraît prudent de ne considérer qu’il existe un oligoamnios qu’en cas de grande citerne < 2 cms, mais de ne considérer l’oligoamnios comme avéré qu’en cas de grande citerne < 1 cm. Dans ces cas - et dans ces cas seulement - une stratégie de surveillance reposant sur l’échographie tous les 10 à 15 jours peut s’avérer raisonnable pour rassurer patiente et obstétricien… mais rien n’indique que l’accouchement doive être déclenché avant 41 SA, moment où il deviendra nécessaire d’intervenir car l’oligoamnios peut être un signe de dépassement de terme.

Tableau 1: Auteurs ayant comparé GC et IA dans l’estimation semi-quantitative de la quantité de liquide amniotique

Etude /Effectif

Type d’étude

Intervention

Résultats

Nabhan et al Egypte [13] 2008

 

N= 3125

Méta analyse   de 4 essais randomisés

Comparaison de la GC et de l’IA  et leur intérêt dans la prédiction des complications périnatales materno-fœtales : accouchement par césarienne, ARCF, admission en  NICU, acidose métabolique : pH< 7,10 ;  Apgar <7 à la 5ème minute ;

L’IA permet de diagnostiquer d’avantage d’oligoamnios (RR=2,33 ; 95% IC : 1,67- 3,24) et un nombre plus élevé de patientes est déclenché (RR =2,10 ; 95%  IC : 1,60- 2,76) avec une augmentation du taux de césarienne pour ARCF (RR=1,45 ; 95% IC 1,07- 1,95). Pas de supériorité de l’IA vs la GC dans la prédiction des complications périnatales.

Magann et al USA 2007 [12]

 

N= 5878

Synthèse de 12 études publiées entre 1990 et 2005  dont 4 sont randomisées

Recherche d’une meilleure méthode pour estimer la quantité de LA IA vs GC selon leur prédiction des complications périnatales.

L’IA permet de détecter plus d’oligoamnios que la GC mais sans incidence sur la morbi-mortalité materno-foetale tout en augmentant le taux d’intervention obstétricale « inutiles ». l’utilisation de la GC est donc fortement recommandée.

Magann et al USA 2000 [4] N= 1400

Etude prospective

Estimation des valeurs de l’IA, de la GC et des 2 diamètres selon l’âge gestationnel entre 14 et 41 SA..

La prévalence de l’oligoamnios en cas de GC< 2cm, d’IA < 5cm est respectivement de 1% et 8%. La GC est la moins susceptible de donner des faux positifs dans le diagnostic des oligoamnios

Tableau 2 : Comparaison entre Index amniotique et Mesure de la plus grande citerne Données rassemblées par Nahban et al dans la métaanalyse réalisée à partir de 4 essais randomisés rassemblant 3125 patientes [13]

 

Index amniotique n (%)

Grande Citerne n (%)

RR (IC 95)

p

Diagnostic d’oligoamnios

339 (21,8%)

151( 9,6%)

2.33 [1.67 - 3.24]

< 0.001

Déclenchement du travail

137 (13,4%)

64( 6,3%)

2.10 [1.60 - 2.76]

< 0.001

Accouchement instrumental

240 (15,5%)

228( 14,5%)

1.08 [0.92 - 1.27]

0.37

Accouchement instrumental pour ARCF

79 (9,8%)

77( 9,4%)

1.07 [0.80 - 1.44]

0.65

Césarienne

220 (14,2%)

204( 13,0%)

1.08 [0.91 - 1.28]

0.41

Césarienne pour ARCF

96 (6,2%)

66( 4,2%)

1.45 [1.07 - 1.97]

< 0.05

pH néonatal < 7.1

48 (3,7%)

44( 3,3%)

1.10 [0.74 - 1.65]

0.64

Score d’Apgar < 7 à 5 minutes

31 (2,0%)

27( 1,7%)

1.15 [0.69 - 1.91]

0.59

Liquide méconial

192 (12,4%)

179( 11,4%)

1.09 [0.90 - 1.32]

0.37

Anomalies du RCF

187 (14,4%)

171( 12,9%)

1.11 [0.92 - 1.35]

0.27

Admission en soins intensifs

156 (10,1%)

149( 9,5%)

1.04 [0.85 - 1.26]

0.71

Tableau 3 : Morbidité materno-fœtale en cas d’oligoamnios selon les données de la littérature.

Auteurs

Type d’étude

N

Objectif

Résultat

Zhang et al USA [16] 2004

Cohorte multicentrique à partir des centres de l’étude RADIUS

15151

Oligoamnios n=164 dont n=86 isolés et n=78 associés vs LA normal

Absence d’augmentation du risque de complication périnatales en cas d’oligoamnios isolé comparativement à l’oligoamnios associé notamment  prématurité  OR 0,9 (IC 0,3-2,7) vs OR 1,9 (IC 1,2-3,1) respectivement, score d’Apgar<7 à la 5ème min OR 1 (IC 1-7,0) vs OR 2,2 (IC 1,1-4,7) et de morbi-mortalité périnatale OR 0,7 (IC 0,2-7,0) vs OR 1,6 (0,9 -2,6). Légère augmentation du taux de césarienne OR 1,4 (IC 0,8-2,4)

Chauhan et al USA [21] 1999

Méta analyse de 18 études (1987-1997)

10551

Oligoamnios (IA< 5cm) vs pas d’oligoamnios

En cas d’oligoamnios anténatal, augmentation du risque de césariennes pour ARCF  RR (2,2 ; 95% IC 1,5- 3,4) et de score d’Apgar <7 à 5 minutes RR=5,2 IC95% (2,4- 11,3); faible liaison entre l’IA et la survenue d’une acidose fœtale ou transfert en USIN

Casey et al USA [22] 2000

Rétrospectivemulticentrique

6423

Echographie ≤ 34SA Oligoamnios (n=147) vs LA normal (n=6276)

# significative de la morbi-mortalité maternelle et néonatale : # déclenchements (42% vs 18%), # de la mortinatalité (1,4 vs 0,3%), # ARCF (48 vs 39%), # admission en  USIN (7% vs 2%), # syndrome d’inhalation méconiale (1% vs 0,1%) et mortalité néonatale (5% vs 0,3%).

Conway et al USA [20] 1998

Cas témoin avec appariement (1993- 1996)

366

Oligoamnios déclenchés (n=183) vs témoins en travail spontané (n=183)

# césarienne en cas de déclenchement pour oligoamnios (15,8% vs 6,6%, OR : 2,7 ; 95% IC : 1,3- 5,4) non attribué à une élévation d’ARCF (mais plutôt au déclenchement lui-même), Absence de différence : acidose fœtale (pH<7,15), Score d’Apgar, LA méconial ou transfert USIN

Magann et al USA [19] 1999

Etude prospective (1996-1998)

1001

Surveillance par monitoring et échographie des grossesses à haut risque avec évaluation des complications en cas d’oligoamnios vs quantité de LA normale.

Absence de différence significative pour ARCF, inhalation de LA, nécessité d’une amnioinfusion, accouchement par césarienne (un peu plus fréquente si évaluation du LA par les 2 diamètres) et néonatales (Apgar à la 5ème min, <7, pH artériel ombilical < 7,10, réanimation néonatale)

 Tableau 4 : Principales étiologies des oligoamnios

CAUSES OVULAIRES

MALFORMATIONS:

UROPATHIES OBSTRUCTIVES ORGANIQUES OU FONCTIONNELLES

-       agénésie rénale bilatérale,

-       dysplasie multi kystique bilatérale,

-       polykystose rénale infantile ;

-       valves de l’urètre postérieur,

 

AUTRES MALFORMATIONS ET SYNDROMES POLYMALFORMATIFS : Anomalies chromosomiques (10%)  trisomie 18, monosomie X et triploïdies

Infections virales : Cytomégalovirus (CMV)

CAUSES PLACENTAIRES OU FUNICULAIRES

RCIU vasculaire –dysharmonieux - avec altération des Dopplers, cassure de croissance fœtale

Chorioangiome

CAUSES IATROGENES

AINS (diminution de la filtration glomérulaire par vasoconstriction rénale)

IEC (inhibiteurs de l’enzyme de conversion)

AUTRES CAUSES FREQUENTES

RPM (rupture prématurée des membranes)

GROSSESSE PROLONGEE

OLIGOAMNIOS IDIOPATHIQUE

30 à 50 % principalement 3ème trimestre (parfois il s’agit de RPM inaperçue)

 Tableau 5. Comparaison des différents tests diagnostiques utilisables dans la suspicion de rupture prématurée des membranes [15].

Test

Age gestationnel

Avantages

Inconvénients

Coût

Test du pH à la Nitrazine

Amniocator ®)

25 SA- Terme

Très sensible (90-97%)

Résultat immédiat

Peu spécifique

FP :5% si sang, mucus cervical, sperme

1,5 €

IGFBP1

Prom-test ®

13 SA- Terme

Très spécifique  Très sensible Résultat rapide

 

12,2 €

Fibronectine

24 SA- 36 SA

Très sensible  Résultat rapide

 

22,9 €

Cristallisation sur lame en feuille de fougère

15 SA- Terme

Résultat immédiat

Peu sensible

Peu spécifique Opérateur entraîné

0,3 €

DAO

(Enzyme placentaire)

20 SA- Terme

Très spécifique  VPP : 95-100%    FP : < 5% (si saignement)

Nécessité d’avoir un laboratoire qui sache faire le test FN : 15%

27,4 €

Figure 1. Volume de liquide amniotique à la naissance dans les grossesses normales selon Brace et coll [2](quantification du LA faite sur une série de 705 patientes ayant bénéficié d’un amniocentèse grâce à une diazo-dye reaction-spectrophotométrique après injection intra-amniotique de sodium d’aminohippurate)

 

 

Bibliographie

1. Fournet P. Oligoamnios. Traité d'Obstétrique Cabrol D, Pons JC, Goffinet F, Paris, Vigot Ed. 2003.

2. Brace RA, Wolf EJ. Normal amniotic fluid volume changes throughout pregnancy. Am J Obstet Gynecol. 1989;161:382-8.

3. Le Vaillant C. Evaluation de la quantité de liquide amniotique. Réalités en Gynécologie-Obstétrique, n° 118, 9 pages. 2007.

4. Magann EF, Sanderson M, Martin JN, Chauhan S. The amniotic fluid index, single deepest pocket, and two-diameter pocket in normal human pregnancy. Am J Obstet Gynecol. 2000;182:1581-8.

5. Magann EF, Chauhan SP, Whitworth NS, Klausen JH, Nevils BG, Morrison JC. The accuracy of the summated amniotic fluid index in evaluating amniotic fluid volume in twin pregnancies. Am J Obstet Gynecol. 1997;177:1041-5.

6. Manning FA, Platt LD, Sipos L. Antepartum fetal evaluation: development of a fetal biophysical profile. Am J Obstet Gynecol. 1980;136:787-95.

7. Manning FA, Hill LM, Platt LD. Qualitative amniotic fluid volume determination by ultrasound: antepartum detection of intrauterine growth retardation. Am J Obstet Gynecol. 1981;139:254-8.

8. Chamberlain PF, Manning FA, Morrison I, Harman CR, Lange IR. Ultrasound evaluation of amniotic fluid volume. I. The relationship of marginal and decreased amniotic fluid volumes to perinatal outcome. Am J Obstet Gynecol. 1984;150:245-9.

9. Phelan JP, Ahn MO, Smith CV, Rutherford SE, Anderson E. Amniotic fluid index measurements during pregnancy. J Reprod Med. 1987;32:601-4.

10. Manning FA, Harman CR, Morrison I, Menticoglou SM, Lange IR, Johnson JM. Fetal assessment based on fetal biophysical profile scoring. IV. An analysis of perinatal morbidity and mortality. Am J Obstet Gynecol. 1990;162:703-9.

11. Magann EF, Nolan TE, Hess LW, Martin RW, Whitworth NS, Morrison JC. Measurement of amniotic fluid volume: accuracy of ultrasonography techniques. Am J Obstet Gynecol. 1992;167:1533-7.

12. Magann EF, Chauhan SP, Doherty DA, Magann MI, Morrison JC. The evidence for abandoning the amniotic fluid index in favor of the single deepest pocket. Am J Perinatol. 2007;24:549-55.

13. Nabhan AF, Abdelmoula YA. Amniotic fluid index versus single deepest vertical pocket: a meta-analysis of randomized controlled trials. Int J Gynaecol Obstet. 2009;104:184-8.

14. Alfirevic Z, Luckas M, Walkinshaw SA, McFarlane M, Curran R. A randomised comparison between amniotic fluid index and maximum pool depth in the monitoring of post-term pregnancy. Br J Obstet Gynaecol. 1997;104:207-11.

15. Verspyck E, Landman T, Marpeau L. [Diagnostic methods and prognostic criteria in the case of premature rupture of the membranes (except the markers of infection)]. J Gynecol Obstet Biol Reprod (Paris). 1999;28:626-34.

16. Zhang J, Troendle J, Meikle S, Klebanoff MA, Rayburn WF. Isolated oligohydramnios is not associated with adverse perinatal outcomes. BJOG. 2004;111:220-5.

17. Ek S, Andersson A, Johansson A, Kublicas M. Oligohydramnios in uncomplicated pregnancies beyond 40 completed weeks. A prospective, randomised, pilot study on maternal and neonatal outcomes. Fetal Diagn Ther. 2005;20:182-5.

18. Alchalabi HA, Obeidat BR, Jallad MF, Khader YS. Induction of labor and perinatal outcome: the impact of the amniotic fluid index. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2006;129:124-7.

19. Magann EF, Chauhan SP, Kinsella MJ, McNamara MF, Whitworth NS, Morrison JC. Antenatal testing among 1001 patients at high risk: the role of ultrasonographic estimate of amniotic fluid volume. Am J Obstet Gynecol. 1999;180:1330-6.

20. Conway DL, Adkins WB, Schroeder B, Langer O. Isolated oligohydramnios in the term pregnancy: is it a clinical entity? J Matern Fetal Med. 1998;7:197-200.

21. Chauhan SP, Sanderson M, Hendrix NW, Magann EF, Devoe LD. Perinatal outcome and amniotic fluid index in the antepartum and intrapartum periods: A meta-analysis. Am J Obstet Gynecol. 1999;181:1473-8.

22. Casey BM, McIntire DD, Bloom SL, Lucas MJ, Santos R, Twickler DM, Ramus RM, Leveno KJ. Pregnancy outcomes after antepartum diagnosis of oligohydramnios at or beyond 34 weeks' gestation. Am J Obstet Gynecol. 2000;182:909-12.

QCM POST TEST : Fausses couches tardives : bilan et conduite à tenir

Quelle(s) conduite(s) à tenir semblent légitimes après la survenue d’une fausse couche tardive unique ? (choix multiple)

A. Cerclage

B. Réalisation d’un score de Nugent

C. Traitement par progestérone

D. Tocolytiques continus

E. Arrêt du tabac

Réponse : B, E.

En cas de fausse couche tardive, quels sont les éléments anamnestiques qui sont en faveur d’une origine infectieuse ? (choix multiple)

E.    Métrorragies continues

F.     CRP augmentée

G.    Rupture des membranes avant expulsion

H.    Mort in utero avant expulsion

I.      RCIU

Réponse A, B, C.

 

 Rosa Rebbouh, Damien Subtil. Hôpital Jeanne de Flandre, CHRU de Lille, 59 037 Lille Cedex