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Bilan échographique d’un hydramnios et conduite à tenir

C D'ercole

 Bilan échographique d’un hydramnios et conduite à tenir

Avant l'accès à cet article, nous vous proposons un QCM de pré test le QCM de post-test se  trouve en fin d'article

 

QCM PRE TEST :

1) Parmi les affirmations suivantes lesquelles sont exactes ?

A)  Selon la technique de Chamberlain (mesure de la plus grande citerne), l’hydramnios est défini par une valeur supérieure à 8 cm.

B)   Selon la technique de Phelan (Index amniotique = somme des citernes des 4 quadrants), l’hydramnios est défini par une valeur > 15 cm

C)   Après 20 SA la principale source de production de LA est  la déglutition fœtale

D)  Après 20 SA la principale voie de réabsorption de LA est la diurèse fœtale

E)   L’administration d’antiprostaglandines (Indocid) diminue la diurèse fœtale

F)   L’administration d’antiprostaglandines (Indocid) augmente la diurèse fœtale

 

2) Parmi les affirmations suivantes à propos des étiologies des hydramnios, lesquelles sont exactes.

A)  Les malformations les plus fréquemment retrouvées actuellement lors du bilan d’un hydramnios sont des anomalies de l’appareil digestif.

B)   Les malformations les plus fréquemment retrouvées actuellement lors du bilan d’un hydramnios sont des malformations du système nerveux central

C)   Le risque malformatif fœtal est indépendant du volume de l’hydramnios

D)  Lorsque l’échographie ne relève aucune malformation, le risque résiduel d’anomalie chromosomique est de l’ordre de 5%

E)   Lors d’une grossesse gémellaire monochoriale, un syndrome transfuseur-transfusé s’accompagne toujours d’un hydramnios sur une des deux poches.

F)   Une hémorragie de Benkiser peut être la cause d’un hydramnios

 

Résumé

L’hydramnios correspond à une accumulation anormalement élevée de liquide amniotique et est un signe d’appel potentiel de pathologie maternelle ou fœtale.

 Les définitions de l’hydramnios sont actuellement basées sur l’échographie et correspondent à des évaluations semi-quantitatives de la quantité de liquide amniotique (LA).

La découverte d’un hydramnios impose une recherche étiologique, d’autant plus que l’excès de LA est important et d’installation rapide. Le pronostic est bien entendu étroitement lié aux possibilités de traitements étiologiques, mais il dépend également de l’instauration d’une thérapie symptomatique destinée à réduire les conséquences d’un hydramnios.

 

Abstract :

Polyhydramnios is an excesive accumulation of amniotic fluid at some time during pregnancy and can result from a variety of maternal and fetal disorders.

Most clinicians agree that ultrasound is the appropriate tool to estimate amniotic fluid volume.

When polyhydramnios is diagnosed, the degree og polyhydramnios correlates with the probability that an anomaly will be detected. Prognosis depend on aetiology and possibility of symptomatic treatment.

 

Définitions cliniques

Les définitions cliniques classiques sont rétrospectives (1). Entre 1 et 2 litres de LA, on parle d’excès de LA et au-delà d’hydramnios.

La clinique décrit deux tableaux mal délimités entre eux mais qui, dans leur forme typique, s’opposent par leur fréquence, leur étiologie, leur symptôme, leur pronostic et leur traitement : 

-       l’hydramnios chronique d’installation lente, tardive (3eme trimestre) et en quantité habituellement modérée et bien toléré. Il ne dépasse pas 5 litres (1). Sa fréquence rapportée varie de 0.18% à 2.28% (2).

-       l’hydramnios aigu, d’installation rapide, abondant et mal toléré sur le plan clinique :douleurs utérines, contractions utérines, gêne respiratoire (éclatant dans ses manifestations cliniques selon Merger) est plus rare (1/1500 à 1/6000 grossesses).  Il est en général observé dès le second trimestre.

 

Définitions échographiques (3)

Méthode qualitative

Il s’agit d’une évaluation subjective de liquide amniotique en comparant l’espace occupé par le liquide amniotique avec l’espace occupé par le fœtus et le placenta. Il s’agit d’une méthode rapide et simple souvent utilisée en dépistage par des opérateurs entrainés.  La corrélation entre cette estimation subjective et l’appréciation quantitative par mesure échographique parait satisfaisante mais elle est dépendante de l’expérience de l’opérateur et ne permet pas l’échange d’information quantifiée.

 

Méthodes semi-quantitatives

Mesure de la plus grande citerne

Elle a été proposée par Chamberlain (4) et correspond à la mesure de la profondeur (diamètre vertical) de la plus grande citerne, sans interposition du cordon ombilical. L’hydramnios est défini par une valeur supérieure à 8 cm.

Index amniotique

Il s’agit d’une méthode proposée par Phelan (5) en 1987 et qui est actuellement la plus utilisée. L’utérus étant divisé en quatre quadrants par deux droites perpendiculaires passant l’ombilic. Les hauteurs verticales des 4 citernes de LA sont mesurées et additionnées. Cet index est normalement compris entre 8 et 18 cm. Entre 18 et 25 cm, il s’agit d’un excès de liquide amniotique et au delà de 25 cm un hydramnios vrai.

Cette définition ne tient cependant pas compte des variations physiologiques de LA en fonction de l’âge gestationnel. Il parait donc préférable d’utiliser des courbes d’index amniotique.

La variabilité intra- et interobservateur est respectivement de 0,5-1 cm (soit 10,8 %) et de 1-2 cm (soit 15,4 %) (3). Afin de réduire cette variabilité, la technique de mesure devra s’attacher à ne mesurer que l’espace dépourvu de cordon , à ne pas exercer une pression trop importante sur la sonde (variations possibles de 20%) et à pratiquer la mesure à une période de relative inactivité fœtale (Rutherford). L’index amniotique est plus sensible et plus spécifique que la mesure de la plus grande citerne (6,7). Cette mesure est néanmoins semi-quantitative.  Cependant, l’index amniotique demeure une mesure semi-quantitative. La marge d’erreur pour l’estimation échographique du volume de liquide amniotique reste actuellement supérieure à 25 %  (6).

 

Physiopathologie (3)

La compréhension de la physiopathologie de l’hydramnios permet de mieux orienter l’enquête étiologique. Les échanges d’eau entre le liquide amniotique et la mère sont estimés à environ 460 ml/h. La quantité de LA est relativement constante, ce qui témoigne de la remarquable coordination de ses moyens de régulation. Dans seconde moitié de la grossesse, la principale source de liquide amniotique est la diurèse fœtale, et la principale voie de réabsorption est la déglutition fœtale. Ces mécanismes de régulation ne sont cependant pas complètement élucidés.

Production et réabsorption

Avant 20 SA

La cavité amniotique apparaît au 7e jour après la fécondation.. Au cours des premières semaines, le liquide amniotique est essentiellement un ultrafiltrat du plasma maternel. Entre 10 et 20 semaines d’aménorrhée (SA), sa composition est isotonique au sérum maternel et fœtal. Ceci est lié aux échanges se produisant à travers la peau fœtale, non kératinisée, qui est

alors perméable à l’eau, aux électrolytes et aux éléments biochimiques. La kératinisation de la peau débute vers 20 SA pour s’achever à 25 SA. Dès la fin du 1er trimestre, le rein fœtal est capable de réabsorber le sodium et de sécréter de petites quantités d’urine.

Après 20 SA

Plusieurs éléments collaborent à la formation et à l’élimination du liquide amniotique.

Les deux principales sources de LA sont :

-       la diurèse fœtale qui est la principale source de LA après 20 SA. La production urinaire augmente de 110 ml/kg/j à 25 SA à 190 ml/kg/j à 39 SA. Elle atteint 600ml/24h en fin de grossesse. La régulation de la diurèse est dépendante de plusieurs hormones dont l’aldostérone, l’arginine vasopressine du système rénine-angiotensine et des prostaglandines. L’administration d’antiprostaglandines diminue la diurèse fœtale

-       les sécrétions pulmonaires qui atteignent environ 200 à 300 ml/24 h en fin de gestation

Les deux principales voies de réabsorption sont :

-       la déglutition fœtale qui est le principal mécanisme de réabsorption de LA. Le débit de déglutition est variable allant de 7 ml/j à 16 SA à 200-500 ml/j à terme.

-       l’absorption dans le sang fœtal à travers la surface fœtale du placenta (voie intramembranaire). Cette voie jouerait un rôle de régulation important dans certaines situations telles que l’atrésie de l’œsophage.

Volume de LA

Ce volume augmente progressivement jusqu’à 20 SA avec un pic de production vers 22 SA. Le liquide atteint un maximum vers 34 SA pour ensuite diminuer progressivement. À proximité du terme, la quantité de liquide diminue très rapidement en lien avec une vitesse de production négative. Le volume de liquide amniotique est exprimé en percentile pour l’âge gestationnel. Il existe cependant des variations journalières, liées au rythme circadien de production, en particulier des urines fœtales.

Complications obstétricales de l’hydramnios

Les complications mécaniques de l’hydramnios sont la menace d’accouchement prématuré, la rupture prématurée des membranes au cours du travail la présentation dystocique, la procidence du cordon, l’atonie utérine, dystocie dynamique et plus exceptionnellement l’embolie amniotique (8). 

Etiologies (2,9)

L’hydramnios peut être la conséquence de nombreuses pathologies maternelles ou fœtales.

La fréquence et le type de pathologie et donc le pronostic vont être dépendants de la rapidité d’installation et de l’importance de l’hydramnios.

 

Pathologies materno-fœtales

-       Le diabète est la cause maternelle la plus fréquente d’un hydramnios. Cet hydramnios signe un mauvais contrôle de l’équilibre glycémique et est associé à une macrosomie fœtale.

-       L’anémie fœtale, quelle que soit son origine (allo-immunisation érythrocytaire, infection par le parvovirus B19, plus rarement hémorragie foeto-maternelle ou alpha thalassémie homozygote)  peut s’accompagner d’un hydramnios. L’évolution de la pathologie se fera alors vers l’hydrops.

-       Toute infection materno-fœtale (essentiellement toxoplasmose, parvovirus B19 et CMV)  peut être accompagnée d’un hydramnios

 

Malformations fœtales

Le risque d’anomalie est directement corrélé au volume de l’hydramnios..

Sur une série de 105 cas d’hydramnios, Damato et coll. (10) notent 63% de malformations. Ce taux était cependant de 50% lorsque la plus grande citerne était comprise entre 8 et 9,5 cm versus 88% en cas de citerne > 16 cm.

 

Dashe et coll (11) rapportent une série rétrospective de 672 hydramnios classés en formes  légères (IA entre 25 et 29.9 cm), modérées (IA : 30-34.9 cm) et sévères (IA > 35). 11% des nouveaux nés présentaient des malformations. Le risque malformatif était corrélé avec le degré d’hydramnios mais le taux de cas détecté (79%) n’était pas différent en fonction de la sévérité de l’hydramnios. Les principales malformations non diagnostiquées étaient les anomalies cardiaques, les fentes palatines, l’imperforation anale et la fistule oeso-trachéale.

Lorsque l’échographie était normale le risque résiduel de malformation majeure était de 1% en cas d’hydramnios léger, 2% pour un hydramnios modéré et 11% en cas de forme sévère.

Les anomalies chromosomiques étaient présentes dans 10% des cas où une malformation était décelée et dans 1% des cas où l’échographie ne décelait pas d’anomalie (tableau 1).

 

Tableau 1 : Risque de malformation fœtale et sévérité de l’hydramnios (d’après Dashe et coll (11))

 

 

Léger

(n= 446)

Modéré

(n=145)

Sévère

(n=81)

Total

(n=672)

Malformation

Malformations diagnostiquées

% d’anomalies si écho normale

8%

82%

1%

12%

83%

2%

31%

18%

11%

11%

79%

2%

 

Anomalies fœtales pouvant être responsables d’un hydramnios

 

Les malformations du système nerveux central :

(anencéphalies, spina bifida, hydrocéphalies..). L’excès de LA est provoqué par une production liquidienne à travers les méninges éventuellement associée à une diminution des sorties par trouble de la commande de la déglutition.. Les anomalies du SNC représentaint auparavant la cause malformative la plus fréquente rencontrée dans ce contexte ; actuellement, le diagnostic de ces anomalies se fait plus précocement et avant le développement d’un hydramnios.

 

Les anomalies de l’appareil digestif

(atrésie de l’œsophage, sténose ou atrésie du duodénum pathologie obstructive du grêle, laparoschisis, omphalocèle, hernie diaphragmatique, pancréas annulaire, fente palatine …) représentent actuellement les causes les plus fréquentes. Ces pathologies retentissent soit directement sur la déglutition ou le transit gastrique, soit indirectement par compression extrinsèque. En cas d'anomalie de la déglutition, toute la production pulmonaire se déverse dans la cavité amniotique. A noter également dans les anomalies digestives, l’exceptionnelle diarrhée chlorée congénitale (hydramnios et dilatations digestives régulières occupant tout l’abdomen fœtal en « ruche d’abeille »).

 

Les autres anomalies

Les pathologies cardiaques ou à retentissement cardiaques :

Plusieurs pathologies peuvent entrainer une insuffisance cardiaque. L’hydramnios représente alors un stade précoce de l’évolution vers un anasarque. On peut individualiser :

-       la pathologies cardiaques proprement dites

. toutes les malformation structurales, en particulier sténosantes

. les troubles du rythme (TSV, BAV)

. les maladies métaboliques (maladie de Pompe, Newman-Pick)

. exceptionnellement les tumeurs cardiaques (Bourneville)

Myocardite primitive (parvovirus B19)

-       Les pathologies avec retentissement sur la fonction cardiaque

. les anémies fœtales (incompatibilités érythrocytaires, parvovirus B19, hémorragie foeto-maternelle, alpha thalassémie homozygote, hémorragie intra tumorales) . les compressions (chylothorax, kystes adénomatoides, tumeur médiastinale, hernie diaphragmatique, anomalies thoraciques des ostéochondropdysplasies). .  les shunts : toute situation de shunt artério-veineux engendrant un travail cardiaque accru : syndrome transfuseur-transfusé, acardiaques, chorioangiomes, tératomes volumineux, anévrysme de l’ampoule de Gallien.

Pathologies pulmonaires. Les masses intrathoraciques (maladie adénomatoïde) et les épanchements pleuraux retentissent sur la dynamique cardiaque (apparition d'une insuffisance cardiaque puis d'une anasarque) et œsophagienne (compression extrinsèque : par exemple goitre fœtal).

Pathologies urinaires : les anomalies urinaires sont rarement en cause mais il a été décrit l'association avec la polykystose, l'hydronéphrose, l’hamartome  et le néphroblastome. Il existe, dans ce cas, une tumeur très importante qui, par le biais de phénomènes de compression, entraîne un anasarque et un hydramnios. Les anomalies fonctionnelles sont très rares ; mais la polyurie fœtale peut être à l'origine d'un hydramnios (syndrome de Bartter, diabète insipide)

Pathologies neuromusculaires : elles sont responsables d’un immobilisme fœtal avec anomalies de la déglutition : syndrome de Pena-Shokeir, maladie de Steinert.

Pathologie des grossesses gémellaires monochoriales.

-       Le syndrome transfuseur-transfusé entraine par définition l’association d’un hydramnios polyurique chez le receveur et d’un oligoamnios oligurique chez le donneur

-       L’acardiaque peut être responsable d’anasarque par effet shunt

 

Les causes annexielles

Un chorioangiome placentaire peut être à l’origine d’un hydramnios , puis d’un anasarque par effet shunt. Certaines causes funiculaires peuvent également être évoquées (tumeurs, malformations, thromboses).

Causes indéterminées : classiquement 30% des hydramnios sont considérées comme idiopathiques. Ce taux est cependant corrélé à la sévérité de l’hydramnios et à la période de publication de la série. On peut noter le lien entre hydramnios inexpliqué et macrosomie fœtale souligné par certaines publications (12). Benson et coll. constatent qu’un hydramnios est relevé dans 17% des cas lorsqu’une macrosomie est présente (mères non diabétiques) contre 7% des cas en absence de macrosomie.

Hydramnios et anomalies chromosomiques : Le risque d’anomalie chromosomique est augmenté par l’association hydramnios et RCIU et bien évidemment hydramnios et anomalie morphologique.  En absence d’anomalie morphologique et en particulier lorsque l’hydramnios est modéré, le caryotype ne doit pas être systématique. Dans la série de Dashe (11) le risque résiduel d’anomalie chromosomique était de 1% lorsque l’échographie était normale (versus 10% en cas d’anomalie associée). Les éléments suivants : importance de l’hydramnios, qualité de l’examen échographique, résultat des tests de dépistage antérieurs et bien entendu l’avis de la patiente participeront à l’indication de ce caryotype.

L’enquête étiologique

Deux situations théoriques

-   l’hydramnios est une complication possible d’une pathologie materno-fœtale connue (diabète maternel, incompatibilité érythrocytaire materno-foetale, séroconversion toxoplasmique, parvovirus B 19, myotonie de Steinert, grossesse gémellaire monochoriale biamniotique,…). C'est un signe d'alerte dont on doit apprécier la signification. Il entraîne une modification adéquate de la prise en charge de la pathologie responsable.

-   L’hydramnios est la première manifestation pathologique. Une enquête étiologique systématique est alors nécessaire

o     L’étude de l’histoire clinique couplée à une enquête génétique peuvent servir de fil conducteur initial.

o     L'échographie est l’examen de base qui permet d’une part de définir l’hydramnios et de le quantifier, et d’autre part de réaliser une étude détaillée du fœtus et des annexes destinée à rechercher une étiologie à cet hydramnios. L’échographie pourra également apprécier la qualité des mouvements fœtaux, la déglutition fœtale ainsi que la diurèse fœtale. Une imagerie fœtale complémentaire (IRM, scanner multibarette) sera parfois utile pour compléter l’échographie

o     La biologie maternelle sera adaptée aux données de la clinique et de l’examen échographique. Parmi  les examens qui peuvent être utiles dans la démarche étiologique on peut citer l’ hyperglycémie provoquée orale, la recherche des agglutinines irrégulières antiérythrocytaires, le test de Kleihauer, les sérodiagnostics de pathologies infectieuses (toxoplasmose, rubéole, parvovirus B19, CMV). Des examens plus spécialisés peuvent parfois être utiles : électrophorèse de l'hémoglobine par exemple (alphathalassémie) chez une patiente d'origine asiatique.

o     La biologie ovulaire. En fonction des données échographiques, certains examens réalisés sur le liquide amniotique peuvent être inidiqués :

§     caryotype fœtal

§     biochimie du LA : électrophorèse de l’acétylcholinestérase en cas de doute sur une ouverture du tube neural, ce qui est actuellement rare avec la qualité des examens échographiques ; enzymes digestives (phosphatase alcaline, gammaglutamyl-transpeptidase, leucine aminopaptidase) pour le dépistage des anomalies de la fonction digestive ; dosage de chlore dans le liquide amniotique (diarrhée chlorée congénitale, syndrome de Bartter)

 

Prise en charge

Prise en charge spécifique

Elle découle des résultats du bilan étiologique , de la tolérance maternelle à l’hydramnios et des risques de complication obstétricale.

- Une affection fœtale sévère amène à discuter en CPDPN une demande d’IMG lorsque cette demande est formulée par la patiente. Les modalités de l’IMG seront à discuter en fonction de l’âge gestationnel et de l’importance de l’hydramnios. Une ponction évacuatrice préalable pourra parfois être utile. Nous avons observé dans ce contexte un cas d’embolie amniotique (8).

- Une affection curable in utero (anémie fœtale, hydrothorax, syndrome transfuseur transfusé, acardiaque, TSV …) ou en période néonatale (affection accessible à un traitement médical ou chirurgical néonatal) entrainera une prise en charge spécialisée dans un CPDPN et/ou un centre de niveau III.

Prise en charge symptomatique

L’objectif est de réduire les conséquences mécaniques de l’hydramnios : inconfort maternel, menace d’accouchement prématuré et rupture prématurée des membranes, dystocie.

Deux traitements sont possibles :

-       le traitement médical  (2). Il fait appel aux anti-prostaglandines (Indocid, 100 mg/jour) qui diminuent la diurèse fœtale ainsi que la production de liquide pulmonaire. Ce traitement doit cependant être employé avec beaucoup de prudence étant donné les risques qu’il provoque chez le fœtus et le nouveau- né : fermeture prématurée du canal artériel responsable d'une hypertension pulmonaire, insuffisance rénale transitoire, inhibition de l'agrégation des plaquettes et nécrose ischémique du grêle. 

-       la (ou les ) ponctions évacuatrices. Le retrait de l'excès de liquide amniotique permet une diminution des signes de compression maternelle et des risques d'accouchement prématuré. Il s'accompagne également d’une amélioration du bien être fœtal par normalisation de pression du LA. Cette évacuation de LA pourra se faire avec une aiguille de 18 Gauge.  Une tocolyse de principe pourra être prescrite .    

Hershkovitz et coll (13) étudient 92 cas d’hydramnios, et retrouvent une association significative entre la mesure échographique du col utérin et le risque d’accouchement prématuré avec un seuil à 15 mm (30+/-2.6 SA vs. 37.2+/-4.2 SA, P<0.001). Cette mesure du col pourrait aider aux décisions d’amniodrainage.

Accouchement et délivrance (2)

En dehors de la prise en charge spécifique liée à l’étiologie, l’accouchement par voie basse est le plus souvent envisageable. Elle expose cependant à certaines complications plus fréquentes : la procidence du cordon et les présentations dystociques, l’hématome rétro placentaire par rétraction trop brutale du myomètre après vidange trop rapide ; la dystocie dynamique, l’exceptionnelle mais redoutable embolie amniotique et l’hémorragie de la délivrance par atonie.

A la naissance

Un examen complet du nouveau-né est effectué à la recherche d'une anomalie passée inaperçue (en particulier perméabilité œsophagienne).  L'examen anatomique pathologique des annexes fœtales viendra compléter l'enquête étiologique.

Références

1-    Merger R, Levy J, Melchior J. Précis d’obstétrique. Masson, Paris, 1985.

2-    Codaccioni X, Vaast P, Vallat AS, Puech F. Hydramnios, Oilgoamnios. EMC Obstétrique. 1996.5-02-A-10.

3-    Mahieu-Caputo D, Sentilhes L, Popovic I, Marpeau L, Descamps P, Madelenat P. Physiologie du liquide amniotique. EMC Obstétrique. 2009 ; 5-008-A-20.

4-    Chamberlain PF, Manning FA, Morrison I, Harman CR, Lange IR. Ultrasound evaluation of amniotic fluid volume. II. The relationship of increased amniotic fluid volume to perinatal outcome. Am J Obstet Gynecol 1984;150:250-4.

5-    Phelan JP, Smith CV, Broussard P, Small M. Amniotic fluid volume assessment with the four-quadrant technique at 36-42 weeks’ gestation. J Reprod Med 1987;32:540-2.

6-    Moore TR. Superiority of the four-quadrant sum over the singledeepest- pocket technique in ultrasonographic identification of abnormal amniotic fluid volumes. Am J Obstet Gynecol 1990;163:  762-7.

7-    Hoskins IA, McGovern PG, Ordorica SA, Frieden FJ, Young BK. Amniotic fluid index: correlation with amniotic fluid volume. Am J Perinatol 1992;9:315-8.

8-    Shojai R, Chau C, Boubli L, D'Ercole C.Amniotic fluid embolism during late term termination of pregnancy. Prenat Diagn. 2003 Nov;23(11):950-1.

9-    Callen PW. Ultrasonography in obstétrics and Gynecology. 4th Edition. WB Saunders Compagny, Phuladelphia, 2000. pp 650-655

10- Damato N, Filly RA, Goldstein RB, Callen PW, Goldberg J, Golbuis M. Frequency of fetal anomalies in sonographycally detected polyhydramnios. J Ultrasound Med, 1993, 12:11-15.

11- Dashe JS, McIntire DD, Ramus RM, Santos-Ramos R, Twickler DM. Hydramnios : anomaly prevalence and sonographic detection. Obstet Gynecol, 2002,100:134-139.

12- Benson CB, Coughlin BF, Doubilet PM. Aniotic fluid volume in large for gestational age fetuses of non diabetic mothers. J Ultrasound Med, 1991, 10:149-151.

13- Hershkovitz R, Sheiner E, Maymon E, Erez O, Mazor M. Cervical length assessment in women with idiopathic polyhydramnios. Ultrasound Obstet Gynecol. 2006 Nov;28(6):775-8

 

QCM POST TEST :

1) Parmi les affirmations suivantes lesquelles sont exactes ?

G)  Selon la technique de Chamberlain (mesure de la plus grande citerne), l’hydramnios est défini par une valeur supérieure à 8 cm.

H)  Selon la technique de Phelan (Index amniotique = somme des citernes des 4 quadrants), l’hydramnios est défini par une valeur > 15 cm

I)     Après 20 SA la principale source de production de LA est  la déglutition fœtale

J)    Après 20 SA la principale voie de réabsorption de LA est la diurèse fœtale

K)  L’administration d’antiprostaglandines (Indocid) diminue la diurèse fœtale

L)   L’administration d’antiprostaglandines (Indocid) augmente la diurèse fœtale

Réponses : A, E

 Bilan échographique d’un hydramnios et conduite à tenir

2) Parmi les affirmations suivantes à propos des étiologies des hydramnios, lesquelles sont exactes.

G)  Les malformations les plus fréquemment retrouvées actuellement lors du bilan d’un hydramnios sont des anomalies de l’appareil digestif.

H)  Les malformations les plus fréquemment retrouvées actuellement lors du bilan d’un hydramnios sont des malformations du système nerveux central

I)     Le risque malformatif fœtal est indépendant du volume de l’hydramnios

J)    Lorsque l’échographie ne relève aucune malformation, le risque résiduel d’anomalie chromosomique est de l’ordre de 5%

K)  Lors d’une grossesse gémellaire monochoriale, un syndrome transfuseur-transfusé s’accompagne toujours d’un hydramnios sur une des deux poches.

L)   Une hémorragie de Benkiser peut être la cause d’un hydramnios

Réponses : A, E

 

Key words : polyhydramnios, pregnancy, fetal abnormalities.

Mots clés : hydramnios, anomalie fœtale, grossesse

 

C. d’Ercole, JB Haumonte, R. Shojai, C. Chau, F. Bretelle, L. Boubli.